50 propositions pour agir contre les violences à l’école et dans le périscolaire à Paris
Protéger les enfants, soutenir les parents, reconstruire la confiance
À Paris, les violences en milieu scolaire et périscolaire ne sont plus des faits isolés mais systémiques. Elles interrogent la capacité de l’ensemble des acteurs du périscolaire comme du scolaire à protéger les enfants, à entendre leur parole et à garantir un cadre éducatif sûr, respectueux et bienveillant.
Depuis plusieurs mois, la FCPE Paris a engagé un travail de fond avec ses conseils locaux, ses unions locales et ses adhérents pour formuler 50 propositions concrètes afin d’agir efficacement contre toutes les formes de violences : violences d’adultes envers des enfants, violences entre élèves, violences sexistes et sexuelles, harcèlement, cyberharcèlement, défaut de prise en charge ou absence de signalement.
Ces propositions constituent une feuille de route claire et concrète, construite autour d’un principe simple : la sécurité des enfants n’est pas négociable.
Portées par la FCPE Paris, elles doivent dépasser les logiques partisanes et les polémiques liées au contexte électoral actuel. La protection des enfants mérite mieux que des postures politiciennes ou des déclarations d’intention.
Nous appelons les futurs élus parisiens à prendre réellement ce sujet à bras-le-corps, dans un esprit de responsabilité et de concertation avec l’ensemble de la communauté éducative : parents, personnels, Rectorat, Ville de Paris et organisations syndicales.
PREVENIR
AMELIORER LES CONDITIONS DE TRAVAIL DU PERISCOLAIRE
- Procédure d’embauche sécurisée des animateurs titulaires et vacataires.
- Augmentation de l’effectif de la brigade d’animateurs remplaçants.
- Création d’un poste d’éducateur spécialisé par circonscription.
- Création d’une équipe mobile d’animateurs expérimentés pouvant être déployée en cas de situation de crise.
- Sécuriser le taux d’encadrement pour qu’un enfant ne se trouve jamais seul avec un adulte.
- Inscription obligatoire des élèves en amont des vacances pour avoir le nombre d’animateurs suffisant. Mise en place d’école relais dans chaque circonscription pour l’accueil des élèves qui n’ont pas pu être inscrits.
- Organisation des effectifs pour confier le change des enfants exclusivement aux Agents de Renfort en Maternelle sur le temps périscolaire et non aux vacataires.
- Mise en place d’une politique salariale pérenne permettant de fidéliser les équipes dans la durée.
FORMATION DES PERSONNELS SCOLAIRE ET PERISCOLAIRE
- Formation obligatoire sur la prévention, le repérage, la prise en charge et le signalement des violences.
- Formation obligatoire à l’accompagnement d’élèves en situation de handicap.
- Formation obligatoire à la petite enfance en maternelle.
- Équivalence BAFA suivant une procédure cadrée de V.A.E en cas de titularisation.
- Plan de formation continue pour élever le niveau général de qualification des personnels périscolaire.
CONTROLER L’APPLICATION DES MESURES ET DES PROCEDURES
- Renouvèlement des contrôles d’honorabilité de tous les membres des équipes, intervenants compris tous les ans.
- Renforcement des équipes des inspecteurs de la SDJES pour contrôler : le respect du taux d’encadrement et des conditions de diplôme (20% maximum de l’équipe sans BAFA), et les conditions de travail (tenue du cahier d’infirmerie, des entrées et sorties, planning…)
- Contrôle hebdomadaire du REV de la bonne tenue du journal des entrées / sorties de tous les intervenants associatifs extérieurs et les vacataires occasionnels.
- Présentation d’un bilan annuel sur la formation par la DASCO et communication aux fédérations de parents.
- Mesures proportionnées si un personnel est mis en cause : si suspicion sérieuse mais pas de condamnation pénale ni administrative : l’agent ne revient pas devant les enfants mais est accompagné vers un autre poste.
- Création des contrôles des formations Education nationale et Ville, effectuées sur la prévention des violences tous les 3 ans.
- Application de sanctions disciplinaires dans l’intérêt de l’enfant et ne pas juste déplacer l’auteur des faits.
- Évaluation indépendante du dispositif pHARe
- Présentation annuelle au CDEN d’un bilan sur l’application de l’EVARS, les formations et sur les moyens affectés.
DETECTER
AUGMENTER LES MOYENS HUMAINS POUR DETECTER LES VIOLENCES
- Renforcement des équipes médico-social dans les établissements.
- Création d’un référent « protection de l’enfance » formé et identifié des élèves dans chaque établissement.
- Intégration d’un personnel extérieur à l’établissement dans l’équipe pHARe.
ACCOMPAGNER PSYCHOLOGIQUEMENT LES ELEVES
- Accès facilité à des soins psychologiques gratuits pour les élèves, en partenariat avec des structures externes.
- Mise en place d’un entretien individuel annuel pour chaque élève, centré sur le bien-être, dès l’école primaire.
FACILITER LES SIGNALEMENTS
- Établir des procédures de signalements claires et contraignantes pour tous les personnels de l’Education nationale et de la Ville.
- Échange d’informations entre équipe médicale ville et scolaire pour la détection des signaux de violences et tenue d’un cahier commun de l’infirmerie et de change.
- Mise en place de dispositifs de signalement adaptés aux enfants, confidentiels et accessibles.
- Création d’un espace numérique et numéro de signalement hors des écoles piloté par une structure extérieure à la DASCO pour permettre aux agents de signaler les violences sans passer par leur hiérarchie.
- Création d’une cellule dédiée aux violences d’adultes envers élèves à l’Education nationale et remontée systématique des cas signalés vers cette cellule qui centralise et enregistre l’antériorité.
ACCOMPAGNER LES FAMLLES
SENSIBILISER LES PARENTS ET LES REPRESENTANTS DE PARENTS D’ELEVES AUX VIOLENCES
- Sensibiliser à la prévention de toutes les formes de violences par des ateliers, par une information dès la réunion de rentrée sur les violences systématiques et par la communication des référents pHARe.
- Sensibiliser à un accompagnement des parents d’élèves victimes pour rappeler l’obligation de tout citoyen de signaler les violences envers les enfants et orienter au mieux vers les interlocuteurs administratifs et les structures ressources.
SENSIBILISER LES ELEVES AUX VIOLENCES
- Déploiement effectif du programme EVARS 2025, dans tous les établissements dès l’école primaire, avec des contenus adaptés à l’âge des élèves et un pilotage académique renforcé.
- Intégration de la prévention des violences sexuelles dans les projets d’école et d’établissement, ainsi que dans les travaux des CESCE (Comité d’éducation à la santé, la citoyenneté et l’environnement).
- Instauration d’une journée annuelle de sensibilisation sur les violences sexuelles faites aux enfants.
UNIFIER LE PROTOCOLE DE GESTION DE CRISE ENTRE LE VILLE ET L’EDUCATION NATIONALE
- Sur le format, le contenu des réunions et personnels présents.
- Sollicitation par la Ville des fédérations de parents dans la communication auprès des familles.
- Contact obligatoire des parents des enfants potentiellement victimes ayant fréquenté les adultes soupçonnés => nécessité d’informer tous les parents en cas de regroupement d’école antérieur aux faits suspectés.
- Prise en charge psychologique fluide des parents via l’activation d’une cellule psychologique sur place.
- Collaboration avec le judicaire : revoir ce qui peut être dit aux parents pour une meilleure information sur l’état des procédures, en garantissant la confidentialité des situations et la préservation des enquêtes. Demander la création d’une plateforme d’accompagnement et information juridique.
- Donner des éléments clairs aux équipes scolaire et périscolaire sur « comment parler aux enfants ».
- Proposer un accompagnement psychologique aux équipes.
- Proposer un renfort temporaire en moyens humains (équipe d’appui scolaire et/ou périscolaire)
COMMUNIQUER
INFORMER LES PARENTS SUR LE FONCTIONNEMENT DES EQUIPES ET DES PROCEDURES
- En diffusant en début d’année un organigramme du fonctionnement DASCO / EN avec tous les postes indiqués.
- En diffusant le projet périscolaire incluant le trombinoscope de l’équipe d’animateurs, ATSEM et Agents de renforts, le planning avec les affectations des animateurs en fonction des temps et lieux périscolaires.
- En diffusant les protocoles de signalement et de traitement des incidents incluant les mesures conservatoires et sanctions dans le périscolaire et scolaire avec pour objectif la protection immédiate des enfants.
- Sur les droits et les recours en partenariat avec les instances judicaires.
AMELIORER LE LIEN ENTRE LE SCOLAIRE ET LE PERISCOLAIRE
- Réunion de pré-rentrée commune permettant aux membres des équipes (direction école, enseignants, psy EN, assistantes sociales, REV, animateurs) de se présenter.
- Présence du REV sur toute la durée du conseil d’école avec suivi annuel du projet périscolaire.
- Port de badges nominatifs obligatoires (avec nom des personnels)
- Intégration obligatoire d’un représentant du périscolaire dans l’équipe pHARe.
- Communication simultanée Ville et Education nationale de tout fait de violence sur enfants (y compris entre élèves)
- Réunions trimestrielles dans chaque circonscription entre l’IEN, et les coordinateurs territoriaux éducatifs.
- Compte rendu obligatoire aux CA et conseils d’école dans tous les établissements du plan de formation des équipes, et du calendrier des actions de prévention.
MESURE EXCEPTIONNELLE
Sans attendre la prochaine rentrée, tenue dès que possible d’un conseil périscolaire extraordinaire avec communication du projet périscolaire incluant le trombinoscope des animateurs titulaires et un ordre du jour harmonisé des points obligatoires à aborder (locaux, planning, intervenant, équipe) et présence de la direction de l’école.