Des violences policières inacceptables dans les universités
Les interventions violentes de CRS autour et à l’intérieur des établissements universitaires se multiplient au fur et à mesure que la contestation se déploie contre la loi ORE. Les images montrent des étudiants gazés, frappés et menottés à l’intérieur des établissements. Comme si le gouvernement avait décidé de mettre en marche la répression au cœur des universités.
Hier à Nanterre des CRS ont évacué une AG et ont procédé à des interpellations d’étudiants pour « rébellion » ; à Lille 2 des CRS armés étaient présents devant les amphi et ont fait usage de gaz lacrymogène pour « encadrer » la journée d’examen. Le contexte est particulièrement tendu avec des groupuscules d’extrême-droite qui font le coup de force dans des universités, comme à Paris 1 vendredi, et également à Strasbourg, Lille, Angers, Nantes et Montpellier, ou dernièrement au lycée autogéré de Paris.
Le gouvernement justifiait hier ces interventions policières en qualifiant les étudiants présents dans ces AG de « petits groupes radicaux, souvent violents », sans apporter de preuves. Aucune condamnation non plus, ni même réserves, sur les actions inimaginables des CRS ni des groupes d’extrême-droite. La ministre de l’enseignement supérieur n’offre au final jusqu’à présent qu’un discours lénifiant empreint de nombreuses contre-vérités.
Soyons clairs, nous sommes tous concernés. La FCPE nationale a publié hier 10 avril un communiqué de presse où elle rappelle que « le droit de débattre, de se réunir, de manifester doit être respecté par l’Etat ». La FCPE a demandé « au gouvernement de cesser toute intimidation et de respecter le droit de grève des étudiants. Il est temps de rouvrir le dialogue avec bienveillance, avec l’ensemble des acteurs du système éducatif, et en particulier avec les organisations étudiantes ».
Nous, parents d’élèves et d’étudiants, impliqués dans l’action militante pour la défense et la promotion d’un monde éducatif, scolaire et universitaire, plus juste et démocratique, devons dénoncer toute violation de droits politiques fondamentaux comme toute forme de mépris à l’égard des acteurs de l’université (étudiants et personnels administratifs et enseignants).
La FCPE s’est toujours mobilisée contre toutes formes de violences policières et renouvelle aujourd’hui son indignation face à des actes qui ne peuvent rester sans réponse. La répression policière vis-à-vis de la contestation sociale doit être unanimement dénoncée.
La FCPE rappelle son opposition au recours à la force et à toute forme de violence : il faut au cœur des universités, comme dans les lycées, des espaces de confrontation pacifiée des opinions.