Santé Mentale des jeunes : vers qui se tourner ?
Depuis des années, la FCPE Paris alerte sur les difficultés psychologiques accrues que rencontrent les enfants et les adolescents depuis la crise sanitaire : le manque d’interaction sociale et d’activités physique pendant la crise sanitaire, les tensions internationales, les incertitudes politiques, et toujours plus de pression scolaire dès leur plus jeune âge, notamment pour les élèves des classes à examens.
Les résultats de l’enquête CoviPrev, initiée pour suivre l’évolution des comportements et de la santé mentale pendant l’épidémie de COVID-19 menée par Santé Publique France et actulalisée en janvier 2023, montrent un niveau élevé de symptômes d’anxiété et de dépression chez les Français. 17 % montrent des signes d’un état dépressif, 24 % montrent des signes d’un état anxieux, 69 % déclarent des problèmes de sommeil au cours de 8 derniers jours et 10 % ont eu des pensées suicidaires au cours de l’année. Quel que soit l’indice considéré, les profils de la population les plus en difficulté étaient les 18-24 ans, les étudiants. La santé mentale s’est dégradée depuis la crise sanitaire, et ne semble pas s’être améliorée depuis.
Sur la période 2018-2022, les collégiens et les lycéens ont connu une dégradation de leur santé mentale et de leur bien-être, plus marquée chez les filles comme le revèle l’enquête nationale en collèges et lycées chez les adolescents sur la santé mentale et le bien être (EnCLASS 2022) publiée en avril 2024. Elle montre que 21 % des collégiens et 27 % des lycéens déclarent un sentiment de solitude. La présence de plaintes somatiques et/ ou psychologiques récurrentes concerne 51 % des collégiens et 58 % des lycéens. 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression. 24 % des lycéens déclarent des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, 13 % ont déjà fait une tentative de suicide et environ 3% une tentative avec hospitalisation. Globalement, les filles présentent une santé mentale moins bonne et un niveau de bien-être moins élevé.
Mal être, stress, démotivation, déscolarisation de nos jeunes : quelles sont aujourd’hui les ressources existantes pour les jeunes et leurs familles ?
UNE ECOUTE PLURIELLE AU SEIN DE L’ETABLISSEMENT
- Au collège et au lycée, les jeunes peuvent se rendre à l’infirmerie où il trouveront une écoute attentive. Les infirmier.e.s pourront également les conseiller, voire les adresser à un soutien psychologique extérieur en s’appuyant sur un réseau local, départemental ou national. Les infirmier.e.s pourront échanger avec la famille si cela leur semble nécessaire, en toute confidentialité.
- Les CPE (conseiller pédagogique d’éducation) participent au bon suivi individuel des élèves. Le Bulletin Officiel de l’Éducation nationale précise que « les CPE travaillent avec les personnels sociaux et de santé, les conseillers d’orientation-psychologues et les partenaires extérieurs pour lutter, notamment, contre les risques psychosociaux — conduites à risques, signes d’addiction, troubles anxieux, situations de stress —, l’absentéisme ou le décrochage scolaire. Au sein de l’équipe éducative, ils contribuent à la meilleure connaissance possible de l’adolescent et de son environnement familial et social ».
- La mission du Psy-EN (Psychologue de l’Éducation nationale, conseiller d’orientation-psychologue) est de contribuer à créer les conditions d’un équilibre psychologique des élèves favorisant leur réussite et leur investissement scolaires. Il accompagne les élèves dans l’élaboration progressive de leur projet d’orientation et, dans ce cadre, il peut être également d’une écoute précieuse pour l’élève qui se sent parfois seul et débordé face aux choix d’orientation qu’il a du mal à prendre.
En cas de risque de décrochage scolaire, infirmier.e.s, CPE et psy-EN font partie du Groupe de prévention du décrochage scolaire (GPDS) mise en place dans chaque établissement, dont l’objectif est d’étudier la situation de l’élève et de proposer un accompagnement spécifique, en collaboration avec un membre de la direction, l’assistant.e social.e et le professeur principal de l’élève.
LES RESSOURCES A L’EXTERIEUR DE L’ETABLISSEMENT
Quelques ressources sur lesquelles les familles et/ou le jeune pourront s’appuyer :
L’EPE IDF- École des Parents et des Éducateurs d’Ile-de-France, association reconnue d’utilité publique créée en 1929, propose aux parents, aux enfants et jeunes de 12 à 25 ans un accompagnement sur mesure, des services d’aide à distance (téléphone), des consultations, des formations, des groupes de parole, des conférences..
Pour les parents :
- L’action “parents parisiens” : groupes de parole, ateliers ou cycles pour les parents du 12ème, 13ème, 14ème, 15ème, 16ème, 18ème, et 20ème arrondissement.
- Le café des parents, le lieu d’accueil et d’écoute pour les parents d’enfants de tous les âges.
- Inter Service Parents : 01 44 93 44 93, les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 10h à 12h et de 14h à 16h. Appel et service anonymes et gratuits. Écoute, accompagnement et soutien des parents franciliens gratuits par des professionnels (psychologues, éducateurs…).
- En cas d’idées suicidaires, pour soi-même ou pour un proche, appelez le 3114. Les professionnels du numéro national de prévention du suicide répondent 24h/24 et 7 jours sur 7, appel gratuit et confidentiel.
Pour les ados :
- l’EPE et les jeunes
- Dispositif Fil Santé Jeunes pour les 12-25 ans : un site internet très documenté, un numéro de téléphone gratuit et anonyme : 0800 235 236 tous les jours de 9h à 23h; un forum, un tchat individuel et une orientation vers des structures d’aide (lieux d’accueil et d’écoute, maison des adolescents, structures associatives, professionnels et structures de soins). Ces services sont dispensés par des professionnels de santé (médecins, psychologues, éducateurs, conseillers familiaux).
- La Maison des Ados (Robert Debré) : 8 avenue de la Porte du Pré Saint-Gervais 75019 Paris. Juste devant l’hôpital Robert-Debré. La maison des adolescents (MDA) est destinée aux jeunes parisiens de 12 à 20 ans du nord de Paris. C’est un lieu d’accueil et de conseil pour tout ce qui concerne les jeunes en matière de santé, relations (famille, amis), sexualité, scolarité, ou mal être, consommations, etc. C’est gratuit et anonyme si le jeune le souhaite, l’autorisation parentale n’est pas obligatoire. Après les premiers accueils, le jeune peut rencontrer si besoin différents professionnels : psychologue, médecin, infirmière, éducatrice. Accueil, avec ou sans RDV : les mardis, mercredis et vendredis après-midi. La MDA est aussi un lieu ressource pour les parents : une écoute, des conseils ou une orientation peuvent être donnés au téléphone du lundi au vendredi, de 9h à 18h : Tél : 01 40 40 27 60. Mail : maisondesados@mda-debre.fr
- Les Points d’Accueil et d’Ecoute Jeunes (PAEJ) sont de petites structures conviviales et disséminées sur le territoire, volontairement proches des jeunes et complémentaires des maisons des adolescents (MDA). Les PAEJ offrent une écoute, un accueil et une orientation aux jeunes âgés de 12 à 25 ans et peuvent accueillir les parents. Carto Points d’Accueil Ecoute Jeunes
- Le Service PsyCom est un organisme public national, qui vise à faire de la santé mentale l’affaire de toutes et de tous. Psycom développe ses actions en lien avec les usagers (patients et proches) et leurs associations, ainsi qu’avec les professionnels du champ de la santé mentale. Son site réunit des brochures, notamment sur la santé mentale et les jeunes.
- Phare Enfants-Parents: prévention du mal-être et du suicide : site internet qui a aussi un numéro de téléphone 01 43 46 00 62 du lundi au vendredi de 10h à 17h. Mail : cavaoupas@org – 5 rue Guillaumot 75012 Paris. Site internet phare.org
Phare Enfants-Parents propose :
- des groupes de paroles « Parents en difficulté », « Parents endeuillés par suicide », « Fratrie et proche »
- des aides aux parents : les entretiens sont gratuits et se déroulent dans un climat de confidentialité. Prenez rendez-vous préalablement au 01 42 66 55 55 ou éventuellement auprès de la psychologue au 07 86 05 00 87.
- des points écoute dans les établissements scolaires parisiens : initiés depuis janvier 2022 dans un premier établissement scolaire secondaire et, à ce jour, établis dans 9 autres établissements parisiens, les points écoute de PHARE Enfants-Parents combinent deux des missions de l’association : prévenir et soutenir. L’objectif est de prévenir le mal-être et le risque suicidaire des jeunes en intervenant dès les premiers signes exprimés ou repérés.
- un accompagnement avec le partenariat de la CPAM de Paris : le suivi psychologique est non-payant jusqu’à 26 consultations dans l’année, sous conditions de ressources, la CPAM de Paris prenant en charge les honoraires des psychologues.