UL11 – Communiqué sur le privé et les fermetures de classes à Paris
Fermetures massives de classes et d’établissements scolaires publicS à PAris : une fatalité, vraiment ?
Le groupe de travail qui a réuni des parents d’élèves FCPE le 22 mars à l’initiative de l’Union Locale du 11ème, vous livre ses conclusions :
Le rectorat de Paris a acté la fermeture à la rentrée 2023 de 178 classes dans les écoles primaires et 182 postes d’enseignants dans les collèges et lycées publics parisiens.
La raison invoquée serait la baisse démographique (qui touche Paris comme toutes les grandes villes françaises)., Or l’effectif moyen par classe en France est des plus élevés d’Europe. Profiter de cette opportunité pour réduire les effectifs par classe serait pourtant un acte politique fort, en généralisant les petits effectifs qui permettent une pédagogie individualisée et un climat scolaire apaisé.
On nous oppose la situation de la province alors que les décisions varient d’une région à l’autre et que la ruralité bénéficie de moyens supplémentaires. C’est surtout une politique ambitieuse de nivellement par le bas !
L’École publique subit depuis trop longtemps un manque d’investissement, provoquant un recul inquiétant du nombre d’écoles publiques à Paris.
A Paris, le Ministère de l’EN ainsi que la Région IDF appliquent, inexorablement leur logique comptable de la maternelle au lycée, mais uniquement lorsqu’il s’agit du service public.
En effet, proportionnellement, l’école publique subit 3 fois plus de fermetures de classes que l’école privée. Le ministère comme la Région restent sourds aux alertes des acteurs de terrain qui dénoncent depuis des années, l’état vétuste des lycées publics parisiens, les conséquences de la baisse continuelle du budget alloué aux établissements et des moyens en dotations horaires (DHG) dans le secondaire, la disparition progressive de l’enseignement professionnel au profit de l’apprentissage, les heures de cours perdues faute de professeurs, le manque d’AESH et d’AVS, etc.
L’offre de formations publiques dans le Supérieur n’échappe pas à la règle avec chaque année des places fermées alors que les besoins sont en hausse continue depuis 2010 et que des établissements privés aux frais de scolarité exorbitants obtiennent l’agrément de l’Etat.
Depuis des décennies, on crée toutes les conditions du chaos pour amener l’opinion à penser qu’il faut libéraliser l’École.
En parallèle, l’enseignement privé sous contrat financé par l’argent public n’est à ce jour soumis à aucune condition de mixité sociale ni carte scolaire. Tous les contribuables co-financent l’école privée, qui, elle, n’est pas accessible à tous. L’Etat finance sans tenir compte des subventions et contributions indirectes qui sont en constante augmentation depuis que la réglementation permet de fortes déductions fiscales aux particuliers et aux entreprises, pour les dons faits aux établissements éducatifs privés.
La gestion et la répartition différente des moyens entre la DAF qui gère le privé et la DGESCO le public, fait que les établissements privés font le choix de concentrer leurs moyens sur les lycées, pour optimiser les retombées en termes d’image, des résultats au baccalauréat de leurs élèves sélectionnés..
Le privé se livre non seulement à une bataille d’image et de communication, mais elle est copieusement favorisée aujourd’hui par le soutien financier et politique de la Région IDF et du gouvernement.
L’Éducation avait été pourtant la grande oubliée des deux campagnes présidentielles de 2017 et 2022 ou réduite le plus souvent à des débats comme celui autour de l’uniforme. En 2019, la loi Blanquer “pour une école de la confiance” rend obligatoire l’instruction dès 3 ans, avec pour conséquence un transfert de fonds publics estimé à 150 millions d’euros par an au profit des maternelles privées, sans contrepartie.
Aujourd’hui on comprend mieux pourquoi l’avenir de l’École a disparu des ambitions des pouvoirs publics.
Pour couronner le tout, la nouvelle loi appelée “pour l’école de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité” portée par le sénateur Max Brisson du groupe Les Républicains vient d’être votée au Sénat mardi 11 avril 2023. Le groupe LR veut profiter du manque de majorité absolue à l’Assemblée Nationale pour transformer l’École Publique : 12 articles pour créer des établissements publics privatisés ! Quelle surprise !
Nous refusons qu’au nom de la “liberté”, l’argent de tous finance l’école de quelques-uns ! Si nous ne réagissons pas vite, l’École Publique va faire les frais d’un exécutif fragilisé en recherche d’alliances avec la droite, après le fiasco de la réforme des retraites.
L’avenir de l’École Publique et du statut des enseignants est en train de se jouer.
Parents d’élèves de la FCPE et d’ailleurs, unissons-nous avec les enseignants, avec tous les acteurs du champ éducatif, avec tous les citoyens attachés à l’École publique, pour défendre un service public d’éducation de qualité, pour tous, gratuit et laïque !
Nous demandons la révision des mesures de carte scolaire à Paris et la suspension des fermetures d’établissements par la Région.
Le 19 avril 2023
