Non aux stages en seconde !
La FCPE Paris dénonce l’obligation imposée aux 13 000 élèves de seconde à Paris d’effectuer un stage d’observation en entreprise de 2 semaines, à partir de la mi-juin, au titre de la “reconquête du mois de juin”. Dans les conditions actuelles, la majorité des élèves risque de ne trouver aucune solution de stage.
Cette mesure a été élaborée à la hâte, par effet d’annonce, et n’a pas été accompagnée de moyens par le Ministère de l’Education Nationale. Ses contours ont été définis très tardivement, et son application varie grandement selon les lycées.
Les capacités d’accueil en entreprise ou administration ont été largement sous-estimées : tous les élèves de seconde en France sont tenus d’effectuer ce stage au cours de la même période, qui coïncide avec celle de nombreux élèves de lycées professionnels ou étudiants de BTS. Les entreprises ne peuvent les accueillir tous en même temps ! Une fois de plus, la responsabilité repose sur les familles, de manière extrêmement inéquitable : celles qui le peuvent feront jouer leur réseau pour aider leur enfant, tandis que d’autres peineront à trouver une place. Ce sont encore les élèves les moins favorisés qui se retrouveront sans rien. La plateforme 1jeune1solution, ouverte à grand renforts médiatiques par le Ministère en mars dernier, ne propose qu’une poignée de stages à Paris et sa couronne et ne répond pas aux besoins des 13 000 jeunes parisiens en recherche de stage. Quelle mascarade !
Une solution alternative proposée aux élèves est d’effectuer une période de SNU (Service National Universel). Or, là encore, cette solution n’est pas opérationnelle : l’armée ne pouvant encadrer cette année plus de 50 000 jeunes, pour toute la France, et à ce jour toutes les places ont déjà été attribuées. Une autre option pour les élèves est de suivre un stage linguistique à l’étranger, comprenant un certain nombre d’heures de cours. De tels stages sont financièrement prohibitifs pour de nombreuses familles. Et ce sont encore les élèves les moins favorisés socialement qui ne peuvent en bénéficier. De plus, cette option n’étant pas claire dans la circulaire arrivée très tardivement, elle dépend de l’interprétation du chef d’établissement et n’est pas acceptée dans tous les lycées. Enfin, les élèves n’ayant pas trouvé de stage devraient être accueillis dans leur lycée d’origine. Néanmoins, les équipes pédagogiques ne seront pas en mesure d’encadrer ces élèves, mobilisées au même moment par l’organisation des examens du baccalauréat.
De fait, avec ce stage obligatoire, le gouvernement place une majorité des adolescents et leur famille dans une impasse, perturbe l’organisation familiale et les laisse dans le flou et dans l’anxiété, quant aux répercussions de l’absence de stage sur leur scolarité. Quel sera l’impact de ce stage sur le baccalauréat ? Comment sera-t-il intégré dans leur dossier Parcoursup en Terminale ?
Contrairement au stage de troisième, ce stage de seconde de deux semaines est dépourvu de tout encadrement pédagogique et de réelle valeur éducative, et ne servira qu’à occuper les adolescents en juin. Il exacerbe les inégalités déjà présentes dans notre système éducatif, renforçant davantage les fractures sociales.
La FCPE Paris appelle à une révision immédiate des modalités de stage de seconde. Nous réclamons la mise en place de mesures pédagogiquement viables pour tous nos enfants, accompagnées des moyens nécessaires pour garantir l’égalité des chances pour tous les élèves.
Nous attendons que le gouvernement respecte notre jeunesse en leur offrant une formation qui les émancipe et les prépare aux enjeux de demain. La reconquête du mois de juin ne doit pas se traduire par une occupation coûte que coûte en reportant la responsabilité sur les entreprises, les administrations et les familles ! L’école n’est pas une garderie !