Commémoration de l’armistice de la Première Guerre mondiale, à Voltaire, le 8 novembre 2024.

En présence des personnels de direction, de personnels d’éducation, de la chorale de Voltaire,
En présence de représentants de l’association de mémoire, de l’association des anciens élèves (AALVP) et de la FCPE Voltaire,
Voici le discours de Mme JOURDY, proviseure :
“Nous, la communauté du lycée Voltaire, devant ce monument aux morts inauguré en novembre 1920, devons modestement nous rappeler l’importance de ce recueillement.
“Voici ce qu’écrivait le président des anciens élèves à l’époque, au proviseur, lorsque ce monument a été érigé. Je vous lis ce qu’il écrivait :
“Ce monument devant être édifié dans l’entrée du lycée, les élèves auront, chaque jour, devant eux, le témoignage du sacrifice accompli par leurs anciens.
“Lorsqu’ils apercevront l’oeuvre superbe du maître Feitu, lorsqu’il verront la gloire au regard radieux et aux ailes déployées soulevant de la tombe ou la mitraille l’avait couché le petit poilu de la grande guerre, ancien élève du lycée Voltaire qui avait donné sa vie pour la patrie, ils auront le sentiment profond que, grâce à leurs ainés, l’avenir s’ouvrira devant eux radieux et fécond en des souhaits réalisables que leur vie sera belle.
“Devant le symbole du devoir accompli, ils connaîtront toute l’étendue de leur propre devoir, ils s’armeront intellectuellement et physiquement par tous les moyens en leur pouvoir pour contribuer ensemble à la prospérité et à la grandeur de la patrie, et le souvenir se transmettra de coeur en coeur au travers des générations inépuisables, tant que vivra la France.
“Je serai heureux, Monsieur le Proviseur, que vous vouliez bien transmettre à nos jeunes camarades du lycée Voltaire, les remerciements de l’association et, en particulier, de ceux qui ont fait la guerre côte à côte avec ceux qui sont morts”.
“Lundi, partout sur le territoire français, dans chaque village, dans chaque ville, nous unirons nos mémoires pour célébrer l’armistice consécutif à quatre années d’une guerre particulièrement meurtrière.
“Quatre année d’horreur de larmes de drames quotidiens. Quatre années où la France a perdu plus d’1,3 millions de sa population, a vu plus d’1,3 millions de ses enfants périr sous les feux ennemis. Combien de familles endeuillées ? Combien d’orphelins ? Quatre années terribles !”
Mme JOURDY lit encore ces quelques mots de Jean Jaurès, partie de son dernier discours prononcé en public, le 25 juillet 1914 à Lyon, avant son assassinat et à quelques semaines du déclenchement de la guerre :
“Il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar” et ajoute :
“Aujourd’hui les mots de Jaurès, prononcés il y a 111 ans, sonnent comme un avertissement au monde.
“Aujourd’hui commémorons, souvenons-nous, réunissons-nous et tirons les leçons d’un passé pas si éloigné de nous”.
Après la minute de silence, une gerbe de fleurs est déposée au pied du monument aux morts de Voltaire, oeuvre du sculpteur Pierre Feitu (1868-1936) et de l’architecte Charles Delacroix, ancien élève du lycée Voltaire (deux autres plaques ont été ajoutées après la Seconde Guerre mondiale, de part et d’autre du haut-relief).
Enfin, la chorale de Voltaire interprète, outre partie de la Marseillaise :
- C’est le Huitième, le chant du 8e régiment d’infanterie, qui comptait dans ses rangs plusieurs artistes, comme le sergent Paul Dubrulle – prêtre et soldat qui va laisser des mémoires saisissantes sur ses presque trois ans de guerre – et un auteur-compositeur particulièrement enjoué, Louis Pettenati.
- La Madelon de la Victoire, une chanson de 1919, écrite par Lucien Boyer et mise en musique par Charles Borel-Clerc.

