Garantir un service public de santé scolaire à la hauteur des besoins des élèves de la maternelle au lycée
Motion adoptée à l’unanimité
Alors même que la santé scolaire est annoncée comme une priorité du gouvernement, les élèves parisiens sont confrontés à l’absence de médecins scolaires, d’assistants sociaux, de psychologues scolaires, d’infirmiers et d’infirmières, et à la fermeture régulière des infirmeries de leur établissement. Cette situation, devenue structurelle, a des conséquences graves sur la santé mentale, physique et sociale des jeunes et des enfants. Elle nuit à leur bien-être, à leur sécurité et à leur réussite scolaire.
Les besoins des élèves en matière de santé scolaire n’ont jamais été aussi importants. L’augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap, de troubles des apprentissages, de troubles psychiques ou en situation de fragilité familiale ou sociale, impose un accompagnement professionnel de proximité, régulier et fiable dans son organisation.
Pourtant, dans de nombreux établissements, aucun médecin scolaire n’est en poste depuis plusieurs années. Les infirmiers et les infirmières sont souvent seuls, à temps partiel, ou régulièrement non remplacés. Dans le premier degré, les RASED sont partout en sous-effectif, avec 10 à 20 écoles à la charge d’une seule personne qu’elle soit assistant.e social.e ou psychologue scolaire ou maître accompagnant.
Les équipes éducatives, bien que très investies, ne sont pas formées pour exercer des fonctions de repérage, de soins, d’écoute ou de diagnostic et ne peuvent compenser ces absences qui fragilisent l’ensemble de la communauté éducative.
La médecine scolaire joue un rôle central dans le suivi des élèves, la détection des situations préoccupantes, l’éducation à la santé et la prévention des risques (stress, conduites addictives, mal-être, violences, etc.). Elle est indispensable pour garantir la mise en œuvre et le suivi des dispositifs d’accompagnement pédagogique (PAI, PAP, PPS). La présence continue et pérenne de personnels médicaux au sein de chaque établissement est essentielle au bien être des élèves et à la réussite de leur parcours scolaire.
Face à cette situation, la FCPE Paris exige :
- un état des lieux précis et transparent de la situation des services de médecine scolaire dans les établissements parisien ;
- le recrutement immédiat et pérenne de professionnels de santé scolaire (médecins, infirmiers et infirmières, psychologues, assistants sociaux) en nombre suffisant pour couvrir l’ensemble des établissements ;
- la garantie d’un service de médecine scolaire présent, ouvert, continu et accessible dans chaque établissement, avec des remplacements systématiques en cas d’absence ;
- un accompagnement humain, professionnel et sans condition des familles dont les enfants ont besoin d’aménagements pédagogiques, sans rupture de suivi ni inégalité de traitement ;
- la revalorisation des métiers de santé scolaire par une politique attractive de recrutement, de formation et d’amélioration des conditions de travail ;
- la mise en place de distributeurs de protections hygiéniques dans un lieu non contraint par la présence d’un personnel médical.
Nous appelons les collectivités locales et l’académie de Paris à recruter des professionnels formés et à prendre sans délai toutes les mesures pour restaurer un service public de santé scolaire à la hauteur de l’urgence de la situation. C’est une nécessité absolue.