Rythmes scolaires parisiens, une majorité de parents pour une organisation supérieure à 4 jours
Dans le cadre de la Convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école, la FCPE Paris a mené, du 18 mai au 1er juillet 2026, une grande enquête auprès des familles parisiennes afin de recueillir leurs attentes sur les rythmes scolaires, le périscolaire, le bien-être, la sécurité et, plus largement, l’organisation des temps de l’enfant.
NB : Cette enquête ne constitue pas un sondage scientifique représentatif de l'ensemble des familles parisiennes. Elle repose sur la participation volontaire des parents et vise avant tout à faire émerger leurs préoccupations, leurs attentes et leurs propositions. Avec 500 réponses recueillies dans la quasi-totalité des arrondissements parisiens, les nombreux verbatims, elle apporte néanmoins un éclairage utile sur les attentes des familles mobilisées autour de l'école publique.
Pour les 500 familles ayant répondu à cette enquête en ligne, leur message est clair : les parents attendent avant tout une amélioration de la qualité des temps vécus par les enfants. Ils placent en priorité la protection des enfants, le renforcement du périscolaire, la qualité de l’encadrement, la lutte contre la fatigue et une meilleure prise en compte des besoins de chaque élève.
Contrairement à une idée largement répandue, les résultats ne montrent pas une demande majoritaire de retour à la semaine de quatre jours. 57 % des répondants sont favorables à une organisation sur plus de quatre jours, et parmi les parents FCPE ayant participé à l’enquête, 62 % soutiennent le maintien d’une organisation sur plus de quatre jours, contre 27 % favorables au retour à quatre jours. Les familles souhaitent avant tout améliorer l’organisation actuelle afin qu’elle réponde davantage aux besoins des enfants.
Les Répondants

Tous les grands secteurs géographiques de Paris sont représentés, avec cependant un biais significatif : le 12e arrondissement par exemple représente presque 18% des réponses pour moins de 7% des élèves scolarisés dans le premier degré public. A l’extrême inverse, le 18e constitue le principal déficit de représentation, avec 1,4% des réponses pour presque 10% des élèves. Aucune famille d’enfant scolarisé dans les 8e et 16e arrondissements n’a répondu au sondage.
Les niveaux maternelles et primaires sont tous deux largement représentés.
Moins d’un parent répondant sur deux est adhérent à une association de parents d’élèves.
Au total, seulement 47 % des familles ayant participé à l’enquête déclarent être adhérentes à une fédération ou une association de parents, tandis que 53 % n’y adhèrent pas. Cette répartition montre que l’enquête ne reflète pas uniquement le point de vue des parents engagés dans une association : elle donne également une place importante à la parole de familles non adhérentes.
SUR LA Convention citoyenne
Les familles se déclarent à 70% informées de l’organisation de la convention citoyenne (à noter Le risque de biais de la question reflétant probablement davantage la population mobilisée autour des écoles que l’ensemble des parents parisiens).
La convention est d’abord attendue sur le registre de protection et de bien-être, devant les préoccupations liées à l’organisation scolaire (et très largement devant pour la maternelle).

Plus spécifiquement, les parents expriment en priorité leurs attentes sur :
- La qualité du périscolaire pour 4 parents sur 10, et sa coordination avec le temps scolaire : « Il faut repenser l’organisation de l’école surtout sur les temps périscolaires qui ne sont pas qualitatifs essentiellement car les équipes ne sont pas formées, accompagnées et correctement rémunérées » – « Mieux protéger nos enfants, améliorer les contenus des moments périscolaires, valoriser le périscolaire (mieux former, avoir plus d’effectifs) »
- … et en particulier plus de moyens et de professionnalisation pour un tiers d’entre eux : «qu’on reconnaisse le périscolaire comme un acteur important et qu’on lui donne les moyens de travailler correctement »
- Des temps scolaires repensés pour réduire fatigue et stress, avec des propositions diverses : « Réduire la fatigue et le stress scolaire. Apprendre en s’amusant, bouger », « une pause méridienne plus reposante pour les enfants»
- Une écoute et une prise en compte effective de la parole des parents et des enfants : « Le sentiment que nous subissons et n’avons pas notre mot à dire » , « Que les propositions, solutions et interrogations des parents et des enfants citoyens soient portées au niveau de la mairie ».
- Une réponse aux inquiétudes liées à la protection des enfants : « Que de réelles mesures soient mises en place pour protéger les enfants de toutes les agressions sexuelles et psychologiques »
- Et de façon moins fréquente mais présente : des attentes éducatives, une meilleure prise en compte des besoins particuliers, et une réduction des inégalités sociales.
6 parents sur 10 expriment une confiance globale en la Ville de Paris pour mettre réellement en œuvre les conclusions de la convention, ce qui confère à l’initiative un crédit relatif mais sans adhésion massive, avec 8% de parents déclarant ne pas du tout faire confiance à la Ville pour traduire les conclusions en actes.
De manière générale, la question « Les parents doivent-ils être davantage associés ? » recueille avec plus de 80% de OUI l’un des consensus les plus forts du questionnaire, ce qui légitime le principe de la démarche proposée par la Mairie a travers cette convention. Les parents ne souhaitent pas uniquement être entendus eux-mêmes, mais ils souhaitent, également à 80%, que la parole des enfants soit prise en compte, y compris en maternelle.
SUR LES Rythmes scolaires
57 % des parents favorable au maintien des 4 jours et demi ou 5 jours
À la question du rythme scolaire le plus adapté aux besoins des enfants, une majorité des répondants (57 %) se prononce en faveur d’une organisation sur plus de quatre jours (4,5 jours dans leur organisation actuelle, 4,5 jours réorganisés ou 5 jours). À l’inverse, 34 % des répondants souhaitent que Paris adopte un régime dérogatoire avec l’organisation de la semaine sur quatre jours.(*)
Cette tendance est encore plus marquée chez les parents adhérents à la FCPE. Parmi eux, 62 % se prononcent en faveur d’une organisation sur plus de quatre jours, tandis que 27 % souhaitent que Paris adopte une organisation sur quatre jours.
48% des parents se prononcent en faveur de la semaine de 4,5 jours, mais dont presque la moitié souhaite une réorganisation.
Ces résultats sont équivalents en maternelle et élémentaire, et le débat n’est pas polarisé par arrondissements.
(*) En application de l'article D. 521-10 du Code de l'éducation, l'organisation de la semaine scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires repose par principe sur neuf demi-journées d'enseignement. L'organisation sur quatre jours constitue donc un régime dérogatoire, qui ne peut être mis en œuvre qu'après autorisation du directeur académique des services de l'Éducation nationale (DASEN), dans les conditions prévues par le Code de l'éducation.
Concernant le rythme actuel, les parents considèrent majoritairement qu’ils permettent d’apprendre, d’avoir des activités personnelles et de préserver globalement l’équilibre psychologique, mais qu’il ne permet pas suffisamment de repos, d’inclusion et de sécurité.

Les parents de maternelle sont particulièrement préoccupés par la sécurité (35% seulement considèrent que le rythme actuel permet d’assurer la sécurité des enfants, contre 52% en élémentaire).
Parmi les propositions d’évolution du rythme scolaires, quatre d’entre elles sont plébiscitées qui vient à améliorer la qualité des temps vécus par l’enfant au cours de la journée, plutôt qu’en simple modification du nombre ou du choix des jours d’école. Le débat porte donc davantage sur la qualité et l’organisation des temps de l’enfant, que sur la durée globale de la semaine scolaire.

Les parents de maternelle et d’élémentaire partagent très largement les mêmes priorités. La principale différence concerne un soutien plus marqué des parents de maternelle au maintien d’une offre périscolaire jusqu’à 18 heures.
Parmi les propositions moins plébiscitées, l’échelonnement des accueils le matin recueille toutefois un avis plus favorable en élémentaire (74 %, contre 63 % en maternelle). À l’inverse, la proposition de réintroduire une classe le samedi matin est très largement rejetée, quel que soit le niveau de scolarisation.
L’enquête a par ailleurs demandé aux parents de formuler librement leurs propositions concernant les rythmes scolaires. Leurs réponses confirment que les apprentissages ne constituent pas le cœur du problème et que la fatigue demeure au centre des préoccupations. La fatigue, le besoin de repos, la qualité de la pause méridienne et celle du périscolaire apparaissent comme les principaux leviers d’amélioration identifiés spontanément.
Alors que les parents de maternelle évoquent davantage la fatigue physique, le besoin de sieste ou de récupération (« Les petits sont épuisés le soir »), ainsi que les horaires, dans une logique de protection des plus jeunes, les parents d’élémentaire mettent davantage l’accent sur les devoirs, la charge de travail en fin de journée et l’organisation familiale autour du travail scolaire (« Faire les devoirs à l’école », « Les devoirs après une journée déjà longue »). Ils expriment également plus volontiers des propositions portant sur l’organisation générale de la semaine scolaire.
Périscolaire
Le périscolaire occupe une place essentielle dans le quotidien des familles parisiennes. Les résultats de l’enquête montrent que les parents sont globalement attachés à son existence, mais qu’ils expriment des attentes fortes quant à sa qualité, en particulier sur les aspects éducatifs, l’encadrement et la sécurité.

La cantine constitue le service périscolaire le mieux évalué par les familles, avec un niveau de satisfaction majoritaire (61 % des familles concernées), particulièrement marqué en maternelle (74%). C’est le seul point ou la satisfaction est majoritaire.
A noter cependant une très forte hétérogénéité géographique dans les taux de satisfaction :
À l’inverse de la cantine, les activités périscolaires recueillent un niveau de satisfaction plus limité (42 % seulement des familles concernées se déclarent satisfaites). Ainsi, si les parents soutiennent massivement le maintien d’une offre périscolaire jusqu’à 18 heures, ils considèrent également qu’elle doit être profondément améliorée.
Les dimensions les plus fragiles concernent le nombre d’animateurs, la sécurité des enfants et l’inclusion des élèves à besoins particuliers, qui obtiennent toutes des niveaux de satisfaction très faibles. Ces résultats convergent avec les préoccupations exprimées spontanément dans les questions ouvertes, où la qualité de l’encadrement périscolaire apparaît comme l’un des principaux sujets d’inquiétude des parents.
L’analyse détaillée des réponses met en évidence deux enseignements majeurs :1. La logistique est mieux évaluée que le contenu éducatif
L’accessibilité financière est largement appréciée (74 % de satisfaction), tout comme la facilité des inscriptions (59 %, et même 68 % en maternelle). Les horaires, la sécurité des déplacements extérieurs et l’organisation générale recueillent également des niveaux de satisfaction relativement satisfaisants (47 %, 56 % et 46 %).
En revanche, les familles portent un regard beaucoup plus critique sur la qualité du contenu éducatif et de l’encadrement. Seuls 22 % des répondants se déclarent satisfaits de l’encadrement, 25 % de la communication avec les familles, 29 % de la qualité des intervenants et 30 % de la coordination entre les temps scolaire et périscolaire.
2. Des attentes différentes selon l’âge des enfants
Les parents de maternelle expriment une satisfaction globalement plus élevée à l’égard du service rendu, notamment sur les aspects pratiques. À l’inverse, les parents d’élémentaire portent un regard plus exigeant sur la valeur éducative du périscolaire et attendent davantage de diversité, de qualité et de richesse dans les activités proposées.

Le taux de satisfaction global du périscolaire (de 42% sur Paris) ne dépasse 50% qu’auprès des familles scolarisées dans le 17e arrondissement (54% de satisfaction mais à mitiger avec seulement 13 répondants), et est au plus bas dans les 19e et 20e arrondissements (autour de 37%).
Le contraste cantine / périscolaire est très net partout : même quand la cantine est bien notée, le périscolaire reste beaucoup moins satisfaisant ; par exemple dans le 10e : cantine 80 %, périscolaire 40 %.
Les points noirs sont très stables territorialement : nombre d’animateurs et inclusion restent bas quasiment partout. Même les meilleurs scores sur les animateurs plafonnent à 33 % dans le 13e.
La sécurité varie davantage (cf. ci-contre) : très basse dans le 11e (13,5 %), le 10e (16,7 %) et le 15e (17,9 %), plus haute dans le 13e (42,4 %) et le 12e (35,2 %)
Enfin, par niveau, il n’y a pas de pattern universel arrondissement par arrondissement ;
NB : Le 12e arrondissement est légèrement surreprésenté dans l'échantillon. Toutefois, les réponses observées dans cet arrondissement apparaissent proches des tendances moyennes parisiennes sur les principaux sujets étudiés. Cette surreprésentation ne semble donc pas modifier substantiellement les conclusions générales de l'enquête.
Concernant les familles n’utilisant pas le périscolaire, nous pourrions nous attendre à ce qu’elles compensent massivement par des activités extrascolaires (sport, conservatoire, activités culturelles) ; au contraire, les parmi les répondants, les familles utilisatrices du périscolaires sont plus nombreuses que les autres à pratiquer également des activités extrascolaires.
Les familles ne semblent donc pas renoncer au périscolaire pour le remplacer systématiquement par une autre offre structurée ; elles portent en revanche un regard plus critiques sur le périscolaire que les familles qui les utilisent effectivement . L’écart de perception est surtout marqué sur la cantine (-17 points), la qualité des activités (-11 points), le nombre d’animateur ()11 points et la sécurité (-10 points). Ce résultat est néanmoins mitigé par le faible nombre de répondants concernés (33 familles).
Vu de l’enfant, pour finir, 7 enfants sur 10 vont, d’après leurs parents, avec plaisir à tout ou partie des activités proposées dans le périscolaire. Le problème principal, vu des enfants, réside plus dans l’inégalité de qualité des activités, qui sont souvent plus appréciées comme une occupation que comme une expérience particulièrement attractive ou enrichissante : « Faire de vraies activités encadrées et plus seulement du dessin libre pendant 2h »
(maternelle) ; « Mes enfants détestent certaines activités et en apprécient d’autres » (élémentaire).
La structure des réponses diffère cependant selon les niveaux, les enfants de maternelle étant plus polarisés (davantage d’enfants y va avec plaisir mais davantage également n’apprécie pas à pas du tout), alors que les enfants d’élémentaire ont un regard plus tempéré, qui reflète l’hétérogénéité de l’offre en élémentaire (cf ci-après).

En maternelle, les parents reconnaissent l’utilité du périscolaire mais regrettent la pauvreté des activités proposées : « Les activités pour les maternelles sont souvent de la garderie. Peu d’intervenants extérieurs qualifiés » ; « On ne peut pas parler d’un intervenant sur la musique quand son activité est de montrer des instruments sur un iPad ». La petite section est notamment pointée du doigt : « Il n’y a absolument aucune activité pour les petites sections dans notre maternelle. Les petites sections sont les grands oubliés du périscolaire ».
En élémentaire, les verbatims sont plus nuancés, le thème dominant est la qualité très inégale des activités. Les parents reconnaissent qu’il existe de bonnes activités, mais insistent sur leur caractère aléatoire : « Il y avait une belle diversité d’activités proposées en début d’année qui n’a malheureusement pas été tenue » ; « Proposer un vrai choix aux enfants afin qu’ils ne se voient pas imposer une activité qu’ils n’aiment pas pendant toute une période » ; « Diversité réelle sur l’année : sports, arts, jeux, sciences, culture, théâtre… ».
En conclusion, les attentes spontanées des parents pour améliorer le périscolaire diffèrent selon l’âge :
- En maternelle, ils demandent d’abord davantage d’encadrement, de stabilité et de sécurité
- En élémentaire, ils demandent surtout des activités plus riches, plus variées et plus stimulantes

Bien-être de l’enfant
La proposition de mettre en place des petits-déjeuners et goûters afin de lutter contre les inégalités alimentaires recueille un soutien majoritaire (68 % des répondants). Les écarts observés selon le niveau scolaire ou l’arrondissement restent limités, ce qui en fait l’une des propositions les plus consensuelles du questionnaire. Contrairement à d’autres thèmes, les réponses apparaissent relativement homogènes sur l’ensemble du territoire parisien et entre les familles de maternelle et d’élémentaire.

Concernant les situations de violences ou de harcèlement : elles sont rapportées beaucoup plus fréquemment en élémentaire (45%) qu’en maternelle (22%). Le sujet toutefois est massif : un tiers des répondants au global déclarent une expérience de violence ou de harcèlement. (Ce chiffre correspondant aux diverses études faites au niveau national, comme le dernier baromètre de l’association e-enfance, 35% des élèves de primaire se disent victimes de harcèlement)
Les moyennes par arrondissement doivent être regardées avec le recul du biais induit par la nature même des répondants : un parent ayant été confronté à une situation de violence ou harcèlement aura plus de propension naturelle à répondre au sondage.
Toutefois, lorsque de telles situations surviennent, les parents d’élèves de maternelle se montrent nettement plus réservés quant à la qualité de leur prise en charge par les équipes éducatives (48% de situations correctement traitées d’après les parents de maternelle, contre 70% en élémentaire !). Cette différence constitue l’un des écarts les plus marqués observés dans l’ensemble de l’enquête.
Enfin, à la question ouverte des propositions demandées aux parents concernant les temps de l’enfant à Paris pour améliorer le bien-être, l’égalité et la réussite de tous les élèves, les propositions spontanées confirment très largement les enseignements du reste de l’enquête. Les attentes portent moins sur une transformation des rythmes scolaires eux-mêmes que sur une amélioration qualitative de l’accompagnement des enfants :
- davantage de personnel formé,
- un meilleur soutien aux élèves en difficulté ou à besoins particuliers,
- une offre périscolaire plus riche et une meilleure articulation entre les différents temps éducatifs.
Les parents de maternelle insistent davantage sur la sécurité et l’encadrement, tandis que ceux d’élémentaire mettent davantage l’accent sur les apprentissages, l’aide aux devoirs et l’enrichissement des activités proposées.