Convention citoyenne sur les temps de l’enfant : Paris doit choisir l’intérêt supérieur de l’enfant et faire preuve d’ambition, d’innovation et de courage
La restitution de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant ouvre une étape importante du débat sur l’avenir éducatif des enfants parisiens.
La FCPE Paris salue l’engagement des citoyennes et citoyens qui ont consacré plusieurs semaines à cette démarche démocratique. Elle regrette toutefois qu’un sujet aussi essentiel ait été traité dans un calendrier particulièrement contraint, laissant peu de temps pour appréhender l’ensemble des enjeux éducatifs, scientifiques, périscolaires, budgétaires et organisationnels.
Au-delà du débat sur les rythmes scolaires, l’urgence demeure la sécurité des enfants.
Les scandales qui touchent le périscolaire parisien mettent en lumière des défaillances systémiques que les familles dénoncent depuis de nombreuses années : difficultés de recrutement, manque d’attractivité des métiers, précarité des personnels, insuffisance de la formation, faiblesse des contrôles, procédures et dispositifs de signalement inadaptées, absence de véritable protocole de gestion de crise, insuffisance de la prise en charge et de l’accompagnement des victimes et de leurs familles, ainsi qu’un manque de transparence.
La Convention citoyenne confirme ce diagnostic et dessine une feuille de route claire : professionnaliser les métiers du périscolaire, renforcer la formation, améliorer les taux d’encadrement, sécuriser les recrutements, développer la prévention des violences, renforcer les contrôles indépendants, améliorer les procédures de signalement et garantir une transparence réelle envers les familles.
Elle rappelle également la nécessité d’une offre périscolaire de qualité et diversifiée, intégrée à un projet éducatif parisien cohérent et harmonisé dans toutes les écoles et tous les arrondissements.
Ces recommandations rejoignent les positions défendues de longue date par la FCPE Paris et les motions adoptées lors de ses congrès de 2025 et 2026.
Pour autant, ces diagnostics sont établis depuis longtemps maintenant : il n’est plus temps de les commenter, mais de mettre en œuvre sans délai les réponses attendues par les familles parisiennes.
Les rythmes scolaires doivent être guidés par l’intérêt des enfants, non par les contraintes des adulte.
Les temps passés au périscolaire resteront les mêmes, quel que soit le nombre de jours d’école dans la semaine : accueil, sieste, pause méridienne, centres de loisirs et activités périscolaires. C’est leur coordination et leur organisation interne qu’il faut revoir pour remédier aux défaillances actuelles.
Laisser croire qu’un retour à quatre jours sécuriserait mécaniquement les temps de l’enfant est une erreur. Les défaillances du périscolaire ne disparaîtront pas avec un simple changement de rythme scolaire. Présenter le retour à quatre jours comme une réponse aux problèmes de sécurité serait trompeur. D’autant que la Convention citoyenne n’a dégagé aucun consensus clair sur les différents scénarios de rythmes scolaires.
Paris doit faire preuve d’ambition, d’innovation et de courage politique.
Dans ce contexte, la FCPE Paris s’inquiète qu’un retour à quatre jours soit présenté comme une évidence, au risque de privilégier les contraintes des adultes plutôt que l’intérêt des enfants. Les travaux scientifiques sur les rythmes de l’enfant, comme les conclusions de la Convention citoyenne du CESE de novembre 2025, invitent au contraire à mieux répartir les apprentissages afin de réduire la fatigue, favoriser la réussite et limiter les inégalités.
Les violences faites aux enfants ne sont malheureusement ni propres à Paris ni liées à une organisation particulière de la semaine scolaire. Elles existent partout en France et exigent partout des réponses structurelles. Faire croire qu’un retour à quatre jours y répondrait, à lui seul, serait trompeur.
Enfin, la semaine de quatre jours n’a rien d’une tradition immuable : mis en place en 2008, supprimant le samedi matin et réduisant au passage le temps d’apprentissage de 26 à 24 h, cette mesure a été supprimée pour revenir à la semaine de 4,5 jours dés 2013. Le débat ne peut donc se résumer à un prétendu retour à « ce qui a toujours été fait »
La FCPE Paris défend ainsi des temps scolaires adaptés aux besoins des enfants : le maintien d’une organisation sur quatre jours et demi, revue pour corriger les dysfonctionnements actuels, ou une évolution vers cinq jours, construite dans le cadre d’une concertation avec l’ensemble de la communauté éducative.
Paris a aujourd’hui l’opportunité, mais aussi la responsabilité, d’être ambitieuse, innovante et courageuse.
Ambitieuse, en engageant les transformations nécessaires pour garantir un périscolaire sûr, attractif et de qualité, doté des moyens humains et financiers indispensables.
Innovante, en poursuivant une réflexion exigeante sur l’organisation des temps de l’enfant, fondée sur les travaux scientifiques, les expérimentations existantes et une véritable concertation avec les familles, les enfants, les personnels et l’ensemble de la communauté éducative. Toute évolution doit être évaluée et construite collectivement, dans l’intérêt des enfants.
Courageuse, en refusant les réponses simplistes et les faux débats, en investissant durablement dans le service public éducatif, en professionnalisant les équipes, en renforçant la coopération entre tous les acteurs de l’école et en donnant enfin aux familles toute leur place.
Pour la FCPE Paris, la seule boussole doit rester l’intérêt supérieur de l’enfant. Aussi elle demande une véritable réflexion et concertation de la Ville sur l’ensemble des temps de l’enfant : temps scolaire, périscolaire, extrascolaire, mais aussi temps de repos, de loisirs et d’organisation de la vie familiale.
L’annonce par le maire de Paris d’une concertation limitée aux conseils d’école à la rentrée 2026 constitue un mauvais signal. Ces instances, où les représentants des parents sont minoritaires et dont la vocation est de traiter les questions propres à chaque établissement, ne peuvent se substituer à une véritable concertation parisienne associant l’ensemble de la communauté éducative, des associations d’éducation populaire, et s’appuyant sur les travaux de la Convention citoyenne.
Paris peut faire mieux qu’un grand retour en arrière. Elle peut ouvrir une nouvelle ambition éducative, construite avec les enfants, les familles et l’ensemble de la communauté éducative, au service de l’intérêt de chaque enfant.