Hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard le 15 octobre 2024
Ce mardi 15 octobre 2024, dans la cour d’honneur de Voltaire, toute la cité scolaire était réunie pour rendre hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard, professeurs assassinés en 2020 et 2023 :

- Discours de Madame Jourdy, proviseure :
Chers élèves, chers parents, chers collègues,
Aujourd’hui, comme tous les ans depuis 4 ans, nous sommes réunis ensemble ici dans la cour d’honneur de la cité scolaire Voltaire. C’est un acte symbolique fort pour rendre hommage à Samuel Paty, enseignant assassiné le 16 octobre 2020 à Conflans Saint Honorine par un terroriste.
Son meurtre a été suivi malheureusement par celui de Dominique Bernard l’année dernière à Arras pour les mêmes raisons.
Messieurs Paty et Bernard étaient des personnes normales, des collègues pour nous et des enseignants pour vous, ils avaient en commun la passion du métier, transmettre et enseigner, former les citoyens de demain l’un à travers l’histoire géographie et l‘autre à travers le français.
Ils sont devenus malgré eux, un symbole pour notre République et pour notre École, le symbole de la tolérance, de l’engagement et de la liberté d’expression.
Chers élèves,
Vous devez comprendre que ce n’est pas un hasard si les victimes du terrorisme sont des enseignants : ils incarnent les valeurs et les principes qu’ils cherchent à détruire.
Tuer un enseignant, c’est un pas vers l’obscurantisme.
Tuer un enseignant, c’est laisser notre jeunesse orpheline de sens et de valeurs.
Tuer un enseignant, c’est atteindre notre Nation en plein cœur.
Encore une fois, l’École est attaquée car vous, les élèves, êtes le futur de la Nation et le but du terrorisme c’est justement d’immiscer la peur, la terreur et d’endoctriner la jeunesse.
Chers élèves,
Ne cédez jamais à la séduction de la violence.
Apprenez, de vos enseignants, la raison, la connaissance et la culture. Faites leur confiance.
Nous devons plus que jamais raisonner, analyser, débattre.
Notre modèle de laïcité dérange car il s’emploie à ne pas imposer une croyance afin que tous puissent vivre ensemble, que tous soient respectés quelles que soient leur religion, leur origine sociale, géographique, leur identité sexuelle. Ce qui nous rassemble doit être supérieur à ce qui nous sépare.
Nous devons lutter contre toute forme d’obscurantisme.
Notre communauté doit, bien plus qu’hier, se réunir autour de valeurs communes telles que la liberté, l’égalité, la laïcité, le respect et la tolérance.
La guerre est partout, séparant les peuples, éloignant des communautés. Dans notre pays, aussi, les dissensions sont fortes. La haine est là, à nos portes.
Nous sommes le lycée Voltaire, Voltaire homme des Lumières qui, dans son temps, a dénoncé les fanatismes religieux, la restriction des libertés et, plus généralement, tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine. Montrons-nous dignes de lui.
L’École de la République doit être debout comme nous le sommes à cet instant ensemble aujourd’hui.
- Lecture de J’atteste : contre la barbarie du poète marocain Abdellatif Laâbi, écrit le 10 janvier 2015 au lendemain des attentats ayant frappé la France :
J’atteste qu’il n’y a d’être humain que celui dont le coeur tremble d’amour pour tous ses frères en humanité,
Celui qui désire ardemment, plus pour eux que pour lui-même, liberté, paix, dignité,
Celui qui considère que la vie est encore plus sacrée que ses croyances et ses divinités.
J’atteste qu’il n’y a d’être humain que celui qui combat sans relâche la haine, en lui et autour de lui,
Celui qui, dès qu’il ouvre les yeux le matin, se pose la question : “Que vais-je faire aujourd’hui pour ne pas perdre ma qualité et ma fierté d’être homme ?”
- Minute de silence.
- Canon de la Paix chanté par la chorale.
Texte de Romain Rolland, écrivain français (1866- 1944), et musique de François Terral, compositeur et professeur de musique à Voltaire (19..-2003) :
“Ecoutez le temps viendra
Les hommes un jour sauront la vérité
Le lion s’étendra près de l’agneau
Et nous fondrons les piques pour des faux
Et les sabres pour des herses
La paix sera notre combat
Faites que ce temps vienne”