Affelnet : défendre une école publique parisienne ambitieuse, inclusive et juste
La tribune publiée dans Le Figaro le 21 mai 2025, signée par plusieurs élus parisiens de droite, réclame la réforme – voire la suppression – du système Affelnet, au nom d’une logique de “mérite” et d’un supposé bon sens. Elle affirme également, de manière erronée, une prétendue “union” entre la FCPE et la PEEP contre cette réforme. Cette double erreur, de fond comme de forme, appelle une réponse claire.
Non, la FCPE Paris ne s’associe pas aux combats de la PEEP Paris. Contrairement à ce qu’affirme cette tribune, la FCPE Paris n’a été ni consultée ni été associée à la procédure juridique engagée par la PEEP du collège Condorcet. Au contraire, depuis des années, la FCPE Paris est la seule fédération de parents d’élèves à défendre, avec constance, des principes de justice sociale, de mixité sociale et scolaire et de transparence dans l’affectation des collégiens parisiens en lycée.
Oui, nous soutenons les objectifs fondamentaux de la réforme Affelnet. Nous les soutenons parce que nous croyons à une école publique qui donne à chaque élève, quel que soit son quartier, le niveau social de ses parents, son collège d’origine, une chance d’accéder à un parcours scolaire public ambitieux. Nous ne renoncerons jamais à l’idée que l’équité ne se décrète pas : elle se construit face à un système scolaire profondément inégalitaire.
Nous refusons les attaques insidieuses contre la mixité sociale. Dans cette tribune, les auteurs dénoncent les bonus liés à l’indice de position sociale (IPS), déplorent que des “élèves moyens” puissent entrer dans de “bons” lycées, et regrettent la fin d’un tri par les notes. Cette vision élitiste de l’école revient à réserver les meilleures places à celles et ceux qui les occupent déjà. Ce n’est pas du mérite, c’est de l’entre-soi. Ce n’est pas de la justice scolaire, c’est du renoncement républicain.
La FCPE Paris porte une parole cohérente, exigeante, mais responsable. Nous connaissons les limites du système actuel. C’est pourquoi nous dialoguons activement avec l’Académie de Paris pour corriger ce qui doit l’être. Lors de nos échanges, nous avons formulé des propositions concrètes issues de nos groupes de travail. Ceux-ci ont abouti à ce que des ajustements soient mis en place pour la rentrée 2025 afin que la pression soit moindre sur certains lycées, dont le Lycée Condorcet, malgré tout à l’origine de la plainte.
Depuis toujours, la FCPE Paris défend une orientation juste et équitable, fondée sur une procédure transparente :
- Que tous les élèves soient affectés dès le premier tour, en juin, que ce soit en voie générale ou professionnelle ;
- Que soit garanti l’accès effectif aux cinq lycées de secteur 1 pour tous les collèges, y compris ceux situés dans les zones à IPS 0 ;
- Que la mixité sociale et scolaire reste une priorité structurante du dispositif tout le sur tout le territoire parisien sans exception ;
- Que les lycées en fragilité soient mieux soutenus, pour garantir la réussite de tous les élèves qu’ils accueillent ;
- Que le bonus IPS soit plus transparent, plus intelligible, plus progressif et plus incitatif, afin de mieux valoriser les parcours dans l’école publique et lutter contre les stratégies d’évitement ;
- Que les élèves boursiers aient accès à une réelle diversité d’établissements, avec des seuils d’accueil équivalents dans tous les lycées ;
- Que tout tirage au sort soit clairement interdit dans l’affectation des élèves, et que le bonus de régulation de 500 points soit attribué de façon transparente, compréhensible et jamais arbitraire.
Nous défendons un Affelnet exigeant, transparent, perfectible dans un dialogue exigeant avec le rectorat de Paris, et fondé sur une idée simple : Paris ne peut pas être la capitale de la ségrégation scolaire. Et cela, la tribune du 21 mai 2025 l’ignore ou semble vouloir le refuser.
Nous invitons les signataires de cette tribune à dépasser les slogans et les fantasmes. A prendre acte que la fuite vers le secteur éducatif privé est d’abord la conséquence directe d’une politique gouvernementale de démantèlement du service public d’éducation que ces élus soutiennent pleinement. L’avenir des enfants parisiens mérite mieux qu’un retour au tri scolaire ou à la compétition entre les quartiers. Il mérite un projet collectif, ambitieux, où la carte scolaire devient un outil de cohésion, et non d’exclusion.
Nous continuerons, à la FCPE Paris, à faire entendre cette voix-là : celle d’une école publique qui tient ses promesses, sans distinction d’adresse ou de réseau.
Motion votée au 78ème congrès de la FCPE Paris le 14 juin 2025 :