Allons-nous laisser le gouvernement détruire l’école ?
La commission des finances de l’Assemblée a adopté un amendement qui revient sur la suppression de 4 000 postes d’enseignants et un autre portant sur la création d’un corps de fonctionnaires d’AESH. Même si l’avenir de ces dispositions favorables à l’école reste très incertain, c’est un signal fort envoyé par l’Assemblée nationale.
Vingt ans après la loi de 2005, revendiquer la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, en instaurant un temps plein à 24 heures par semaine qui permettrait de régler notamment la question de la faiblesse de la rémunération, c’est revendiquer un accompagnement des élèves en situation de handicap par des personnels bénéficiant d’une formation solide, avec des emplois pérennes. C’est permettre à l’école de mieux prendre en compte les besoins des élèves en situation de handicap. C’est, en sécurisant les aspects de compensation, permettre aux enseignants de se concentrer sur les dispositifs d’accessibilité pédagogiques aujourd’hui encore insuffisamment aboutis.
Alors que chaque année, trop d’élèves en situation de handicap sont sans solution de scolarisation le jour de la rentrée scolaire ou avec une prise en charge partielle, l’Assemblée nationale rappelle au gouvernement que tous les enfants de la République doivent pouvoir aller à l’école.
C’est en sécurisant l’ensemble des personnels de l’école, en les outillant mieux, en leur permettant de bénéficier de conseils et d’appuis de spécialistes, issus notamment des secteurs médico-sociaux et médicaux, en dépassant les cloisonnements entre les différents métiers impliqués, et dans une bonne articulation des moyens de compensation et d’accessibilité que l’école pourra lever les obstacles systémiques à la scolarisation de tous les élèves.
On ne peut pas tenir la promesse d’une école de qualité pour tous sans personnel d’enseignement et d’accompagnement qualifié, disposant de conditions de travail et d’emploi acceptables, sans tenter de résoudre de manière structurelle la question de l’attractivité des métiers de l’éducation.
Suite au rejet du volet recettes de la loi de finance hier, le texte poursuit son examen dans sa version initiale au Sénat. La FCPE Paris soutient ces amendements en faveur de l’école pour tous et compte sur nos sénateurs pour porter à leur tour les avancées de ces amendements sur l’école.
Fait à Paris le mardi 12 novembre 2024
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