CDEN second degré du 2 février 2022
Le CDEN du 2 février était dédié au second degré. La FCPE Paris a communiqué aux conseils locaux une alerte sur les baisses de DHG envisagée. Afin de mieux comprendre les conséquences locales d’une telle baisse sur les établissements, la FCPE Paris a également réalisé un sondage destiné aux collèges, le CDEN étant une instance départementale (En parallèle, un sondage similaire pour les lycées a permis de recueillir les éléments pour le CIEN, les lycées dépendant de l’instance régionale). Les propos liminaires ont mis en avant le besoin d’une dotation exceptionnelle pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire, et souligner l’importance de l’accompagnement à l’orientation des élèves, laissée en suspend par manque de moyens, et le manque de moyens alloués au suivi psychologique des élèves.
Ci-dessous la déclaration liminaire de la FCPE Paris lors de ce CDEN.
Bien que le protocole sanitaire ait été allégé au possible, et réduit à son expression la plus minimale, la crise sanitaire est encore bien présente et continue de faire sentir ses effets. Il serait d’ailleurs facile de se réjouir d’une baisse temporaire des taux de contamination, alors qu’un nouveau variant menace déjà et que les enfants font désormais partie des victimes des formes les plus graves. Des décès quotidiens sont à déplorer et les familles peuvent légitimement s’inquiéter de la stratégie consistant à laisser circuler le virus sans entrave.
Nombreux sont les élèves et les enseignants à attraper le Covid, qu’ils soient vaccinés ou non, et à devoir s’absenter, avec toutes les conséquences que cela implique. Nous n’avons de cesse de le répéter années après années, et force est de constater que nous devons le déplorer à nouveau, les absences d’enseignants sont insuffisamment remplacées.
Et pourtant, les besoins sont criants et le stress s’accumule. La pression est forte sur les élèves comme sur leurs enseignants pour finir malgré les circonstances des programmes qui n’ont pas été adaptés au contexte de pandémie, particulièrement pour les classes à examens.
Nous pourrions presque nous réjouir, néanmoins, de constater que la baisse de DHG est moins dramatique que l’an dernier. Elle ne devrait occasionner que 23 postes en moins… 194 heures en collège et 190 en lycées, ce sont des dédoublements, de l’accompagnement des élèves Ulis et UPE2A moins accompagnés… Le système éducatif est déjà exsangue et nécessite d’urgence une inversion du traitement et une hausse significative de la DHG pour ne plus laisser aucun élève sur le carreau.
Là encore, le stress s’accumule pour toute la communauté éducative et le manque d’accompagnement des élèves les plus en difficulté s’accentue. A quand un statut décent pour les AESH et AED? Existe-t-il un plan réaliste de recrutement pour les infirmières et médecins scolaires?
Que dire aussi, de la sous-utilisation des heures supplémentaires ! Des HSE distribuées cette année de manière généreuse mais trop tardive pour pouvoir être intégrées correctement dans les répartitions de service et les emplois du temps des élèves. Résultat des courses, une nouvelle occasion perdue et des élèves en mal d’accompagnement.
Et qu’en est-il des 54 heures d’orientation annuelles ? Qui peut affirmer que les élèves en bénéficient réellement ? La FCPE paris demande le bilan de leur déploiement et de leur mise en application.
Nous l’avons dit, la crise sanitaire n’est pas terminée. Nous devons donc en faire le constat aujourd’hui, les mesures mises en place ne sont pas à la hauteur !
La mobilisation de toute la communauté éducative le 13 janvier pour dire son ras le bol mais aussi sa détresse a porté ses fruits. Cependant, l’annonce du report du bac, dont nous nous réjouissons et que la FCPE réclamait, est intervenue trop tardivement, faisant planer une pression inutile sur une communauté éducative déjà à bout de souffle. Le stress n’en finit pas de s’accumuler.
Face au contexte inédit que nous traversons, nous avons besoin de mesures d’exceptions. D’un plan national pour l’École, de la maternelle à l’Université, pas de nouvelles coupes budgétaires !
Enfin, nous ne pouvons terminer notre propos sans mentionner ici, solennellement, avec toute la gravité et la retenue que cela exige, la situation des élèves en détresse psychologique. Nous avons toutes et tous en mémoire les histoires de celles et ceux qui n’en peuvent plus, qui se sentent seuls et abandonné·e·s, qui décrochent du système scolaire ou n’envisagent pas la poursuite d’étude.
Chaque drame à ses causes et il serait malhonnête de chercher à établir une responsabilité du système éducatif dans son ensemble. Néanmoins, nous ne pouvons que déplorer à nouveau le manque d’encadrement, le manque de moyens alloués au suivi psychologique des élèves, au suivi médical des enfants qui en auraient le plus besoin.
Face à une situation exceptionnelle, où le stress atteint son paroxysme pour certains élèves et où le contexte sanitaire délie les liens sociaux, nous avons plus que jamais besoin que les moyens nécessaires soient investis dans l’éducation et le bien-être de la jeunesse.
C’est là notre bien le plus précieux, notre avenir et celui de tout-un-chacun.
Merci pour votre attention.