CDEN de Paris 2026 : deux journées de débats pour défendre les écoles parisiennes
Le CDEN consacré à la carte scolaire parisienne s’est finalement tenu sur deux journées, les 12 et 13 mai 2026 au matin, tant les débats ont été longs et les situations nombreuses à examiner.
Cette durée exceptionnelle illustre à elle seule l’ampleur des inquiétudes suscitées par cette nouvelle carte scolaire, marquée une nouvelle fois par un nombre très important de fermetures de classes dans les écoles parisiennes.
Depuis quatre ans, Paris aura perdu près de 700 classes. Pour la FCPE Paris, ces suppressions successives ne peuvent pas être considérées comme de simples ajustements comptables : elles ont des conséquences directes sur les conditions d’apprentissage des élèves, l’inclusion des enfants à besoins particuliers, les capacités d’accompagnement des équipes éducatives et l’équilibre même des écoles.
défendre les intérêts de tous les élèves et de toutes les familles
Tout au long de ces deux journées, la FCPE Paris a porté les situations remontées par les familles et les conseils locaux de l’ensemble des arrondissements.
Nous avons alerté sur les conséquences concrètes des fermetures annoncées : classes à 28, 29 ou 30 élèves, disparition des marges pédagogiques, difficultés d’inclusion, saturation des écoles, tensions sur les remplacements, fragilisation des RASED et inquiétudes croissantes des familles.
Nous avons également rappelé que derrière les tableaux d’effectifs et les projections statistiques, il y a des enfants, des équipes éducatives déjà fortement sollicitées et des écoles qui absorbent des situations sociales parfois très complexes.
La FCPE Paris a défendu chaque situation signalée par nos représentants locaux, avec la conviction que le rôle des représentants de parents d’élèves est précisément de faire le lien entre les décisions institutionnelles et la réalité vécue dans les écoles.
Des corrections obtenues grâce aux mobilisations
À l’issue des débats, plusieurs situations ont finalement été corrigées.
Fermetures annulées :
École élémentaire Rolin – 5e
École maternelle Cité Voltaire – 11e
École élémentaire Robert Jean Longuet (Lamoricière) – 12e
École maternelle Perchamps – 16e
École maternelle Abadie – 18e
École élémentaire Houdon – 18e
École élémentaire Vauvenargues – 18e
École élémentaire 41B Tanger – 19e
École élémentaire Magny B – 19e
École maternelle Cour des Noues – 20e
École maternelle Maryse Hilsz – 20e
Ouvertures obtenues :
École élémentaire 56B Picpus – 12e
École maternelle Louis Vierne – 17e
Fusion annulée :
École maternelle Versailles Chardon-Lagache – 16e
Plusieurs écoles restent également placées sous surveillance en vue d’éventuels ajustements à la rentrée.
EE La Motte Picquet – 7eme
5 Milton – 9eme
EE Titon – 11eme
EM Brèche aux loups – 12eme
Polyvalente Jean Simon – 13eme
Polyvalente Vandrezanne – 13eme
EE Arago – 14eme
Polyvalente 69 rue de l’Ouest – 14eme
EM Gustave Doré – 17ème
30 Manin -19eme
EE Télégraphe – 20eme
Une carte scolaire toujours rejetée

Malgré ces corrections obtenues grâce aux mobilisations des familles, des équipes et des représentants, la FCPE Paris, comme l’ensemble des organisations syndicales, a voté contre cette carte scolaire 2026.
Nous regrettons de ne pas avoir obtenu gain de cause pour l’ensemble des autres situations, pourtant tout aussi légitimes et défendables.
Nous dénonçons également le maintien par le rectorat du redéploiement des RASED, malgré l’opposition unanime des membres du CDEN. Dans un contexte de saturation des dispositifs d’aide, de difficultés croissantes autour de l’inclusion et d’augmentation des besoins d’accompagnement des élèves, ces choix apparaissent particulièrement préoccupants.
Enfin, la FCPE Paris rappelle également son inquiétude face à l’affaiblissement continu de la brigade de remplacement. Les derniers arbitrages conduisent à ramener cette brigade de 40 à 34 postes, alors même que les absences non remplacées constituent aujourd’hui l’une des principales préoccupations des familles parisiennes.
Deux vœux présentés par la FCPE PARIS adoptés
La FCPE Paris a également porté deux vœux adoptés par le CDEN, en lien avec la protection de l’enfance et la prévention des violences faites aux enfants.
Le premier demande la reconnaissance et la facilitation du déploiement des dispositifs types « Boîtes Papillons » dans les écoles parisiennes, afin de permettre aux enfants de libérer leur parole face aux violences qu’ils subissent ou observent.
Le second vise à instaurer chaque année un CDEN spécifiquement consacré au bilan des violences en milieu scolaire et périscolaire, avec une présentation transparente des actions de prévention, des formations, des moyens mobilisés et des dispositifs de protection mis en œuvre.
Dans le contexte actuel, marqué par de nombreuses révélations de violences faites aux enfants à Paris, l’adoption de ces deux vœux constitue un signal important pour renforcer collectivement la prévention, l’écoute et la protection des élèves.