CDEN de Paris des 20 et 21 mars 2025 : des décisions socialement injustes
Le Conseil Départemental de l’Éducation Nationale (CDEN) de Paris des 20 et 21 mars 2025 : des décisions socialement injustes, sourdes aux alertes unanimes de la communauté éducative parisienne et aveugles qui affecteront prochainement la scolarité des élèves parisiens.
À l’issue du CDEN du 21 mars 2025, la FCPE Paris exprime sa profonde déception : le nombre de
fermetures de classes décidé pour la rentrée scolaire 2025 sera encore bien trop élevé.
Après deux jours de débats intenses, seules 10 fermetures de classes de l’école publique ont pu
être évitées, sur les 190 initialement prévues. Ce sont donc près de 170 classes qui concerneront
exclusivement l’école publique qui seront fermées à Paris en septembre prochain.
En construisant patiemment, année après année, une impasse pour l’école publique parisienne en
la privant de moyens, le Ministère de l’Éducation nationale continue d’ouvrir un boulevard à
l’enseignement privé sous contrat à Paris qui reste hors de contrôle, comme le prouvent, chaque
jour, les travaux de la commission d’enquête sur les modalités du contrôle par l’État et de la
prévention des violences dans les établissements scolaires.
Les quelques fermetures évitées l’ont été sur la base d’informations fiables et précises, de
situations locales détaillées et d’arguments solides présentés par les représentants des parents
d’élèves, des syndicats enseignants et des élus.
Le travail de terrain, d’écoute et de dialogue mené au plus près des écoles par la FCPE Paris a payé.
Mais pas suffisamment pour que nous en soyons satisfaits.
Pourtant, les remontées de terrain étaient claires et unanimes : les mesures de carte scolaire
annoncées vont mettre en grande difficulté un nombre conséquent d’écoles publiques, en
particulier dans les quartiers populaires.
Les membres du CDEN ont rappelé, dans un vœu adopté à l’unanimité, que :
- L’Académie de Paris fait face chaque jour à un besoin de plus de 100 postes de remplacement
non pourvus, une situation intenable pour les équipes éducatives, les élèves, et les parents. - L’Académie de Paris est confrontée à une situation unique en France, avec une place de
l’enseignement privé sous contrat sans équivalent, aux financements souvent opaques, qui
capte toujours plus d’élèves, majoritairement issus des classes favorisées.. - Les besoins d’inclusion, l’accueil des élèves allophones ou en situation de handicap, nécessitent davantage de moyens, non de coupes budgétaires.
Le CDEN de Paris, réuni les 20 et 21 mars 2025, émet le vœu suivant : que la Direction de l’Académie
de Paris saisisse le Ministère de l’Éducation nationale afin de faire remonter la demande urgente et
collective de moyens supplémentaires pour la rentrée scolaire 2025, exprimée par les représentants des personnels, des parents d’élèves et des élus.
La FCPE Paris interroge également les élus du Conseil de Paris, les parlementaires parisiens et la
Ministre de l’Éducation nationale sur la disparité du traitement des arrondissements dans la future
carte scolaire. Certaines écoles ont bénéficié de mesures plus favorables, notamment dans le 7ᵉ
arrondissement de Paris où très peu de fermetures y ont été entérinées, malgré des ratios qui
conduisent, ailleurs, à des fermetures de classes (surtout dans les quartiers populaires du Nord-Est
parisien).
La FCPE Paris s’étonne qu’un arrondissement aussi favorisé que le 7ème soit autant épargné. Elle
se pose la question d’un éventuel traitement de faveur ministérielle accordé au 7ᵉ arrondissement.
En tout état de cause, les mesures de carte scolaire parisienne de 2025 ne peuvent être l’otage des
ambitions municipales des élus et futurs candidats issus des quartiers parisiens les plus favorisés.
L’école publique parisienne ne peut être pilotée selon des logiques d’influence politique. Sur
l’ensemble du territoire parisien, elle doit respecter le principe d’égalité républicaine et de justice
sociale.
Par ailleurs, malgré le moratoire annoncé sur la suppression des décharges de direction, la FCPE
Paris restera fortement mobilisée pour que la concertation annoncée soit réelle, transparente et
construite avec l’ensemble des partenaires éducatifs. Nous demandons à y prendre pleinement part, au nom des parents d’élèves, pour défendre ce dispositif essentiel à la réussite des enfants et à la fluidité de la relation avec les parents.
Dans ce contexte, la FCPE Paris appelle tous les parents d’élèves à rester mobilisés, dans chaque
école pour exiger que le recteur de l’Académie de Paris et la ministre de l’Éducation nationale
revoient leur copie et accordent enfin les moyens nécessaires à l’école publique parisienne.
Nous ne cesserons de porter cette exigence, essentielle pour la réussite de tous les élèves et pour
l’avenir de l’école publique à Paris.
Paris le 27 mars 2025
Vœu présenté par les représentants des parents d’élèves, les organisations syndicales, la ligue de
l’enseignement, le représentant des DDEN et la Ville de Paris, siégeant au CDEN de Paris les 20 et 21 mars
2025