CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES
Motion adoptée à l’unanimité
Depuis plusieurs années, la réponse policière s’intensifie face aux mobilisations des lycéens. Les interventions violentes lors de blocus sont devenues monnaie courante, comme en témoignent les cas récents dans les lycées Voltaire, Monet, Hélène Bouchet, Charlemagne ou Diderot. Ces actions traduisent une montée inquiétante des violences policières contre des jeunes qui se rassemblent, s’expriment et défendent leurs idées.
Aux violences subies s’ajoutent les gardes à vue de jeunes mineur.e.s parfois détenu.e.s plus de 24 heures quand leur détention est reconduite. Des situations de comparutions immédiates sont également la preuve d’une répression accrue et de réponses policière et judiciaire parfois disproportionnées.
Certains établissements scolaires font le choix de convoquer des conseils de discipline à la suite de situations de blocus ou manifestations. Les élèves qui ont subi des gardes à vue et qui se retrouvent en conseils de discipline vivent cela comme une double peine.
Ces violences ont pour but évident de faire taire la jeunesse et de l’éloigner de toute forme d’engagement en cultivant la peur.
Les conséquences sont graves. À court terme, elles provoquent des états de choc, des traumatismes psychologiques et imposent souvent un suivi médical. À long terme, elles entraînent une perte de confiance et creusent un fossé profond entre les élèves et l’école, et peuvent mener au décrochage scolaire.
Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette stratégie de peur institutionnelle.
La FCPE Paris exige :
- Le droit des lycéens à manifester, même spontanément. Leur engagement citoyen ne doit en aucun cas être considéré comme inférieur à celui des autres formes de mobilisation.
- L’arrêt de réponses policières disproportionnées (prohibition de l’usage des LBD) face à des blocus et ou des mobilisations de lycéens.
- Une clarification de la responsabilité des proviseurs lors des blocus et par rapport aux réponses policières (violentes ou non)
- Un enseignement aux lycéens des différentes formes d’expression citoyenne possible.
- Une amélioration de la communication entre la police, la direction de l’établissement et les représentants des parents d’élèves. Il est essentiel que la direction soit systématiquement informée lorsqu’un élève de l’établissement est interpellé, afin qu’à son tour, elle puisse en informer les représentants des parents, qui pourront alors accompagner et soutenir les familles concernées.
- Que les élèves ayant subi des GAV ne subissent pas de double peine – pas de conseils de discipline pour les raisons qui ont entrainées la GAV.
- Que les élèves ayant subi ces violences policières puissent être accompagnés afin de rétablir le lien entre eux et l’école (proposition d’accompagnement psychologique, de cercles de parole afin d’échanger après les évènements)