Convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école
Convention citoyenne sur les temps de l’enfant à Paris : la FCPE
formule 6 axes d’orientation pour respecter la primauté de l’intérêt
supérieur de l’enfant.
Parce que les activités périscolaires parisiennes font face à une compréhensible crise de confiance,
organiser un cadre garantissant la sécurité et la protection des enfants constitue une priorité absolue.
Les révélations et les affaires récentes de violences sexuelles dont ont été victimes des enfants à Paris,
dans des écoles, ont profondément bouleversé les familles. Elles ont mis en lumière des défaillances
graves dans l’organisation des temps scolaires et périscolaires à Paris.
Cette exigence de protection est aujourd’hui d’autant plus forte que la procureure de Paris, Laure Beccuau, a indiqué que le parquet de Paris avait ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches parisiennes.
Si la réflexion engagée par la Ville de Paris à travers cette convention citoyenne sur les temps et rythmes de l’enfant est importante, elle ne peut en aucun cas retarder la mise en œuvre immédiate des mesures
de protection annoncées dans les différents plans présentés ces derniers mois.
Garantir la sécurité des enfants scolarisés à Paris est une urgence absolue. Elle constitue un préalable
indispensable à toute réflexion sur l’organisation des temps éducatifs, des rythmes scolaires ou du
périscolaire.
Cette exigence suppose également un investissement massif et durable de la Ville de Paris à la hauteur des besoins. Pour la FCPE Paris, la qualité et la sécurité des enfants pendant tous leurs temps éducatifs reposent sur la mise en place d’équipes éducatives stables, composées d’adultes formés, reconnus et suffisamment nombreux. Ce cadre implique un effort important de sécurisation des recrutements, de formations dispensées en nombre suffisant, ainsi que de fidélisation des animateurs et de tous les personnels intervenant auprès des enfants.
Les 20 millions d’euros annoncés par la Ville de Paris ne peuvent constituer qu’un premier jalon,
nécessaire mais insuffisant, pour répondre à l’ampleur des difficultés constatées et engager les
transformations indispensables afin de garantir un encadrement réellement protecteur et des activités de qualité dans toutes les écoles parisiennes.
La FCPE Paris formule plusieurs priorités issues de ses travaux, de ses motions et des nombreuses
remontées des familles : renforcer la formation de tous les adultes encadrants à la prévention et à la
détection des violences, améliorer les taux d’encadrement et réduire les effectifs des classes, garantir une
continuité éducative et de surveillance tout au long de la journée, faire de la lutte contre toutes les
violences, le harcèlement et les discriminations une priorité absolue, s’appuyer pleinement sur les
directrices et directeurs d’école bénéficiant des décharges parisiennes pour coordonner la prévention et le suivi des situations, et mieux valoriser les métiers éducatifs et périscolaires afin d’assurer des équipes
formées, stables et attractives.
Pour la FCPE Paris, protéger les enfants doit rester la priorité, partout, par tous, tout le temps.
Les rythmes de vie des enfants ne peuvent pas être pensés uniquement sous l’angle des contraintes
d’organisation des adultes ou de cadres budgétaires rigides. Afin de garantir la primauté de l’intérêt
supérieur de l’enfant, ils doivent répondre à leurs besoins fondamentaux : sommeil réparateur, équilibre
préservé, sécurité garantie, accès effectif aux apprentissages, aux loisirs, à la culture, au sport et à des
relations sociales apaisées.
Dans ce cadre, la FCPE Paris formule six orientations structurantes pour construire une école publique
plus sûre, plus inclusive et plus protectrice :
1. Assurer une sécurité absolue et inconditionnelle des enfants confiés par les parents à la Ville et
aux services de l’État : La protection des enfants doit être une priorité absolue sur tous les temps éducatifs : scolaire, périscolaire et extrascolaire. Chaque enfant doit pouvoir évoluer dans un environnement sûr, protecteur et bienveillant.
2. Construire un continuum éducatif de 8h à 18h : Les différents temps de la journée de l’enfant doivent
être pensés de manière cohérente et complémentaire. Le temps scolaire, le périscolaire, la restauration,
les études ou les activités culturelles et sportives participent tous à l’éducation et à l’épanouissement des
enfants. A ce titre, la FCPE Paris réaffirme que la semaine de 4,5 jours d’école favorise les rythmes
d’apprentissage de l’enfant.
3. Développer des temps éducatifs riches et inclusifs : Tous les enfants doivent pouvoir accéder à des
activités éducatives, culturelles, artistiques et sportives de qualité, quels que soient leur quartier, leur
situation sociale ou leurs besoins spécifiques.
4. Prévenir, détecter et accompagner les besoins des enfants confiés par les parents à la Ville et aux
services de l’Éducation nationale : L’organisation des temps de l’enfant doit permettre une meilleure
attention portée aux signaux de violences, de mal-être, de harcèlement, de difficultés scolaires, sociales
ou psychologiques. Cela suppose des adultes formés, disponibles et une coopération renforcée entre les
différents acteurs éducatifs.
5. Promouvoir le vivre-ensemble et la mixité sociale et scolaire : Les temps éducatifs doivent être des
espaces de rencontre, d’émancipation et de construction collective. La FCPE Paris réaffirme l’importance
de lutter contre toutes les formes de ségrégation scolaire et sociale afin de garantir une école réellement
inclusive et républicaine.
6. Investir dans le bien-être, l’estime de soi et la santé mentale des enfants confiés par les parents à
la Ville et aux services de l’Éducation : La réussite des enfants ne peut être dissociée de leur bien-être.
La fatigue, le stress, les rythmes trop intenses ou les inégalités d’accès aux activités ont des conséquences
directes sur la santé mentale et les apprentissages.
Les politiques éducatives doivent pleinement intégrer ces enjeux.
À travers cette convention citoyenne, la FCPE Paris souhaite contribuer à une réflexion ambitieuse sur les
temps de l’enfant, fondée sur la préservation de la primauté de l’intérêt supérieur de l’enfant, la
coéducation, la réduction des inégalités et le vivre-ensemble