DROIT À MANIFESTER DES LYCÉEN.NE.S ET ÉTUDIANT.E.S
DROIT À MANIFESTER DES LYCÉEN.NE.S ET ÉTUDIANT.E.S.
Non aux arrestations arbitraires de nos enfants !
La FCPE Paris condamne fermement les arrestations violentes dont ont été victimes des élèves
du lycée Claude Monet, le vendredi 3 mai au matin comme celle des étudiants de La Sorbonne
interpellés ce week-end.
Les lycéens de Claude Monet exprimaient leur opposition à la réforme du choc des savoirs, à l’entrée
en seconde conditionnée par le brevet, à Parcoursup, ainsi qu’au calendrier du baccalauréat. L’action
des forces de l’ordre a été d’une brutalité absolument disproportionnée : des policiers en tenue ont eu
recours à des gaz lacrymogènes contre les lycéens dès 7h30, bien avant l’heure d’entrée au lycée,
n’empêchant donc en rien les entrées et sorties…, les manifestants étant repoussés à 50 mètres de
l’entrée du lycée, devant deux haltes-garderies. En dépit de cette répression musclée, les lycéens de
Claude Monet ont maintenu une ambiance festive à leur manifestation : confection de crêpes et
danses. L’arrivée de lycéens d’autres établissements parisiens vers 10h30 a entraîné une brutale
intervention policière et des arrestations violentes, des policiers en civil allant jusqu’à pourchasser et
frapper violemment des élèves. À l’intérieur du lycée, où les cours se tenaient normalement, les élèves
ont été choqués d’y voir circuler dans les couloirs, toute la matinée, des forces de l’ordre en tenue.
Une dizaine d’élèves ont été placés en garde à vue, 5 élèves de 15 ans en seconde au lycée Monet
ou scolarisés dans d’autres établissements sont restés 30 heures en garde à vue.
Quant aux étudiants de La Sorbonne, dans la suite des étudiants de science-po, de jeunes adultes en
construction, c’est leur liberté d’expression et leur droit à construire leur citoyenneté qu’on bafoue.
88 étudiants sont en ce moment même en garde à vue. Par ces interventions policières
systématiques pour les réprimander, le seul message envoyé est celui de l’impossibilité du dialogue.
La FCPE Paris dénonce ces répressions violentes, arbitraires et disproportionnées qui résonnent
tristement, et demande une réaction ferme de la part du recteur de Paris, comme de la ministre
de l’Éducation nationale et de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour
que de tels événements ne se reproduisent plus.
La FCPE Paris condamne l’utilisation systématique des forces de l’ordre dans et autour des
lycées et des universités et rappelle que les lycéens et les étudiants ont, eux aussi, le droit à la
liberté d’expression, un droit qui doit être respecté.
Cette approche répressive de notre jeunesse comme la maltraitance institutionnelle des
personnels, nous entraînent inéluctablement dans une impasse. Très inquiets pour la sécurité de
nos enfants et des personnels qui manifesteraient leurs opinions, nous appelons, au contraire, à
une sanctuarisation de tous les établissements scolaires et universitaires, et de leurs abords, à
l’apaisement et au dialogue, afin que le droit à penser et à s’opposer de nos enfants puissent
s’exprimer — dans le respect des biens et des personnes.
Fait à Paris, le 8 mai 202