Grande enquete 2025
Lors de la rentrée scolaire de septembre 2025, la FCPE Paris a lancé une grande enquête en ligne auprès de toutes les familles parisiennes dont les enfants sont scolarisés à Paris, de l’école maternelle au lycée.
Comprendre les réalités vécues par les familles, leurs attentes, leurs difficultés mais aussi leurs propositions concrètes, tels étaient les objectifs de la FCPE Paris lors de son lancement.
L’enquête abordait toutes les dimensions de la vie scolaire : vie scolaire et climat scolaire, inégalités et mixité scolaire, restauration, activités périscolaires, culturelles, sportives et citoyennes, temps scolaires, orientation, pédagogie et conditions d’apprentissage, relations avec l’institution scolaire, inclusion, transports, coût de la vie …
L’Assemblé Générale des présidents des conseils locaux de la FCPE, qui s’est tenue le samedi 17 janvier, a permis de restituer les principaux enseignements de cette grande enquête. Alors que campagne électorale pour les élections municipales à Paris bat son plein, les résultats de cette Grande enquêtes confortent les revendications de nos 6500 adhérents auprès des candidats.
Les diapositives présentées lors de cette première restitution sont disponibles ici
Si les familles sont globalement satisfaites de l’école publique à Paris, elles expriment des demandes fortes, que ce soit pour être écoutés ou accompagnés.
L’un des enseignements les plus marquants de cette enquête est que les perceptions les moins positives des parents, voire les frustrations, se focalisent surtout au moment du passage au collège de leurs enfants.
Que ce soit en termes bien-être des élèves, de la vie et du climat scolaire, des conditions d’apprentissage, des relations avec l’institution scolaire, les parents expriment une satisfaction globale, avec néanmoins des disparités significatives selon leur arrondissement de résidence.
Dans les classes de l’école maternelle et de l’école élémentaire, les parents relèvent parfois un déficit d’encadrement et de prise en charge concrète. Mais l’offre d’activités périscolaires permet l’épanouissement de leur enfant même si sa qualité est parfois hétérogène et peut manquer de lisibilité et de continuité.
Sur la cantine, les repas sont de bonne qualité. C’est le bruit et plus globalement l’ambiance du repas, où le temps est parfois compté, qui est jugée plus négativement.
Les conditions d’apprentissage reposent sur un cadre généralement bien compris même si des zones de flou sont relevées par près d’un tiers des familles. Une application inégale des règles et des sanctions mal comprises par les familles sont relevées.
Près de quatre répondants sur 10 ont évoqué une sanction mal vécue ou jugée injuste, au moins une fois. Le passage au collège est le moment où la défiance dans ce domaine est la plus fortement ressentie avec des parents qui attendent moins de la « concertation formelle » que de la réactivité, avec une demande d’avoir des interlocuteurs clairs et engagés qui répondent à leurs interrogations.
Les dispositifs d’accompagnent, notamment en matière de lutte contre le harcèlement en milieu scolaire (dispositif PHARE), sont peu connus.
Plus de 4 répondants sur 10 ont envisagé une inscription dans l’école privée, sans que cela relève d’un rejet idéologique de l’école publique. C’est un arbitrage pragmatique qu’ils ont opéré en considération de la situation dans leur quartier.
S’agissant de la mixité scolaire, les trois quarts des répondants l’estiment inégale selon les écoles. AFFELNET cristallise les interrogations, avec la moitié des parents de collégiens qui n’ont pas d’avis tranché et 30% des parents qui émettent une opinion négative.
Près de 80% des parents estiment que l’école privée accentue les inégalités et que le financement devait être rééquilibrée en faveur du secteur public de l’éducation, 87% considèrent inquiétante l’hypothèse de 50% d’écoliers parisiens scolarisés dans le secteur privé dans 10 ans à Paris.
Au total, les familles restent attachées à l’école publique et à la mixité mais elles n’y croient plus suffisamment pour être seules à soutenir ces choix : la confiance s’étiole dans la capacité du système à garantir équité, lisibilité et qualité, surtout au niveau du collège.
Le cout élevé de la vie à Paris est perçu comme un facteur important d’inégalité scolaire et influence concrètement le choix des établissements scolaires. L’égalité formelle que permettent les dispositifs publics ne produit pas l’égalité réelle des conditions de réussite des enfants.
Les demandes des parents, qui rejoignent pour beaucoup les revendications de la FCPE Paris, s’articulent autour de 6 axes :
- restaurer un cadre institutionnel scolaire lisible, cohérent et sécurisant (surtout au collège),
- rééquilibrer la mixité scolaire de manière concrète et visible,
- investir davantage dans le secteur public parisien de l’éducation (priorité au public !),
- améliorer les relations élèves-parents-institution scolaire pour produire davantage de confiance,
- mieux prendre en compte les réalités concrètes de la vie quotidienne (parfois difficile) des familles parisiennes (coût de la vie élevé, contraintes des transports),
- rendre les dispositifs publics plus lisibles et compréhensibles (AFFELNET, Phare….).
Quelques verbatim parlent d’eux-mêmes : « Quand tout va bien, cela va ». « Quand il y a un problème, on se sent seuls ». « Au collège, le cadre n’est pas assez tenu et c’est toujours les mêmes qui subissent »,. « Je suis pour la mixité mais pas si mon enfant sert de variable d’ajustement ». « L’école publique tient à l’engagement des équipes, pas grâce aux moyens ». « Si on veut que les familles restent dans le public, il fut lui donner de l’attractivité » . « Les politiques ont pensées sur le papier, pas en fonction de note quotidien ». « Entre le coût, les trajets et l’école, tout devient compliqué à tenir ».
Si les familles parisiennes restent profondément attachées à l’école publique et aux valeurs de mixité qu’elle promeut, elles ont le sentiment que le système ne les protège pas et ne les soutient pas suffisamment .
