Grève et mobilisation au Lycée autogéré de Paris dans le 15e
Pour la rentrée de septembre 2020, le Lycée Autogéré de Paris, lycée public expérimental créé en 1982 par Alain Savary, ministre de l’Éducation nationale, fait face à une baisse de ses moyens en matériel et en personnel indispensables pour mener à bien son projet pédagogique spécifique.
Après une mobilisation démarrée en mai 2020, une pétition qui a recueilli plus de 800 signatures et des rassemblements organisés dès la rentrée scolaire, le LAP est confronté au silence de l’administration académique. Le personnel et les lycéens ont donc décidé d’interpeller le Ministère de l’Education Nationale : le Lycée Autogéré de Paris s’est mis en grève le 6 septembre 2020.
Qu’est ce que le LAP?
Le Lycée Autogéré de Paris, situé dans le 15e arrondissement, propose à des lycéens une alternative au système éducatif traditionnel inspirée par des expériences pédagogiques diversifiées, fondée sur l’autogestion, la codécision avec les élèves et une pédagogie sans note et sans classement. Les élèves sont libres de fréquenter les cours.
La vie de l’établissement s’organise autour de deux types d’activités : les activités pédagogiques, ateliers et projets et les activités de gestion au travers de plusieurs commissions thématiques. Le collectif se réunit tous les mardis en GB ( Groupe de Base ) et, en cas de besoin, en AG ( Assemblée Générale ) . L’équipe éducative organise et analyse tous les mardis soirs les différentes activités mises en place. Les élèves peuvent y assister et y participer. Outre les enseignants et les élèves, le LAP fonctionne également avec une personne qui fait office de secrétaire et un « homme à tout faire » en charge de la maintenance, qui propose également de former les élèves qui le souhaitent.
Une baisse scandaleuse de la DHG
Le LAP est en effet confronté la baisse de 11 heures de sa Dotation Horaire Globale 2020-2021 (sur un total hebdomadaire de 480) qui, en réalité, pourrait remettre en cause l’ensemble du projet pédagogique de ce lycée public aux méthodes alternatives. Cette baisse correspond à un demi-poste en moins sur les 25 que compte le lycée qui reçoit 280 élèves. Cela peut paraître peu mais c’est oublier que les enseignants du LAP assurent avec les élèves le fonctionnement autogestionnaire du lycée qui n’a ni proviseur, ni personnel administratif, ni surveillant. Cette baisse de la DHG ne tient donc pas du tout compte des besoins spécifiques des enseignants du LAP dont les attributions sont bien plus étendues que le seul temps d’enseignement.
Des professeurs volontaires non afffectés
En plus de cette baisse de moyens, le LAP doit faire face à une problème d’affectation de deux professeurs, qui ne peuvent effectuer leur rentrée au lycée. Il faut préciser que l’affectation des enseignants au LAP se fait sur la base du volontariat ; les professeurs qui partagent le projet pédagogique du lycée sont cooptés par le LAP, conformément à une procédure qui relève d’une convention signée avec le Rectorat de Paris.
L’un des professeurs cooptés pour la rentrée 2020, titulaire de l’Académie de Créteil, n’a toujours pas obtenu son autorisation de détachement, au prétexte de nécessités de services en sciences physiques. Il faudrait croire que la plus grande académie de France ne peut se passer d’un enseignant détaché…. Cette situation se traduit par une rentrée sans professeur de physique pour des lycéens du LAP sans que cela émeuve le Rectorat de Créteil.
Dans le même temps, l’enseignante titulaire en mathématiques du Ministère de l’éducation grecque, n’est pas autorisée à travailler au LAP, alors qu’elle y a passé l’année 2019-2020, du fait d’un double couac administratif en tant que enseignante titulaire de l’Union européenne.
La lutte continue… le LAP en grève!
Les enseignants et les lycéens du LAP espéraient que ces difficultés de personnel seraient réglées en juillet 2020. Sous le prétexte de la situation sanitaire, l’administration académique n’a pas permis au LAP d’avoir une rentrée scolaire sans tension.
Malgré une volonté de discussion indéniable, le Lycée Autogéré de Paris a décidé de poursuivre sa lutte et s’est mis en grève pour faire entendre ses revendications dans l’intérêt des lapiens.
La FCPE de Paris soutient pleinement la lutte du Lycée Autogéré de Paris.
La FCPE de Paris se joint au LAP pour réclamer les moyens en matériel et en personnel qui doivent permettre à ce lycée public de mener à bien son projet pédagogique avec ses élèves, qui sont souvent en rupture scolaire et qui trouvent un lieu où ils peuvent de nouveau progresser sur le chemin de leur réussite.