la FCPE Paris auditionnée à l’Assemblée nationale
Le 4 juin 2026, la FCPE Paris a été auditionnée par la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale dans le cadre de ses travaux consacrés à l’encadrement des activités périscolaires.
Cette audition intervenait dans un contexte particulièrement sensible, marqué par les nombreuses révélations de violences et de dysfonctionnements survenues ces derniers mois dans plusieurs structures périscolaires à Paris et ailleurs en France. Aux côtés de représentants de collectifs de parents, de l’Association des maires de France, du Défenseur des droits et de plusieurs institutions, la FCPE Paris a porté la voix des familles et formulé des propositions concrètes pour mieux protéger les enfants.
Faire de la protection des enfants une priorité absolue
Lors de son intervention, la FCPE Paris a rappelé que la lutte contre les violences constitue aujourd’hui une condition essentielle de la confiance des familles dans l’École et dans les structures accueillant les enfants. Elle a souligné que les parents sont trop souvent confrontés à un manque d’écoute, de transparence et de prise en compte de leurs alertes lorsqu’ils signalent des situations préoccupantes.
S’appuyant sur le travail mené depuis plusieurs mois dans le cadre de sa commission « Agir contre les violences », la FCPE Paris a organisé ses propositions autour de trois priorités :
- installer une véritable vigilance collective dans tous les espaces scolaires et périscolaires ;
- reconnaître le périscolaire comme un maillon essentiel du parcours éducatif des enfants ;
- faire évoluer le cadre législatif afin de combler les lacunes actuelles.
Mieux prévenir, détecter et signaler les violences
La FCPE Paris a insisté sur la nécessité de développer une véritable culture de la prévention.
Elle a notamment demandé :
- le renforcement de la formation de tous les personnels ;
- une réforme du BAFA afin d’y intégrer systématiquement la prévention et le repérage des violences ;
- l’application effective du programme EVARS ;
- le développement de dispositifs d’écoute accessibles aux enfants ;
- le renforcement des équipes médico-sociales dans les établissements scolaires.
La FCPE Paris a également plaidé pour la mise en place d’une procédure nationale unique de signalement, claire, traçable et protectrice pour les personnels comme pour les familles, ainsi que pour le développement d’outils adaptés aux enfants permettant de libérer leur parole.Reconnaître le périscolaire comme une composante à part entière de l’éducation
L’un des messages forts portés devant les députés a été la nécessité de sortir d’une vision du périscolaire comme simple service annexe.
Pour la FCPE Paris, les temps périscolaires participent pleinement à l’éducation, à la socialisation et au bien-être des enfants. Ils doivent donc bénéficier de moyens adaptés et d’une coopération renforcée avec l’Éducation nationale.
La fédération a notamment demandé :
- le renforcement des brigades de remplacement ;
- une montée en compétence des équipes d’animation ;
- la création de référents inclusion dans les établissements ;
- une meilleure attractivité des métiers grâce à une revalorisation des rémunérations ;
- des protocoles de transmission d’informations entre enseignants et animateurs.
La FCPE Paris a également rappelé sa position constante : les enfants doivent être encadrés par des personnels formés, qualifiés et en nombre suffisant. Cette exigence est régulièrement portée dans les échanges avec la Ville de Paris et les services de la DASCO.
Faire évoluer le cadre législatif
La FCPE Paris a salué l’adoption à l’unanimité de la proposition de loi sur les violences en milieu scolaire, tout en alertant les députés sur plusieurs lacunes du cadre juridique actuel. Certaines activités périscolaires échappent encore aux obligations d’encadrement et de contrôle lorsqu’elles ne sont pas déclarées comme accueils collectifs de mineurs.
La fédération a demandé la création d’un cadre national de déclaration et de contrôle des activités périscolaires. Elle a également appelé à repenser l’information des familles. Trop souvent, des représentants de parents d’élèves se sont retrouvés dans des situations intenables, sommés de garder le silence sur des faits graves. La FCPE Paris demande qu’une obligation d’information des parents soit mise en place lorsqu’un agent est suspendu pour des faits à caractère sexuel. Les familles ont besoin de connaître certaines informations pour être en capacité d’écouter leurs enfants, de repérer d’éventuels signaux et de les accompagner.
Enfin, la FCPE Paris a appelé à une coopération renforcée entre l’Éducation nationale, les collectivités et la Justice afin de garantir davantage de transparence et une meilleure prise en compte de la parole des enfants. Elle a notamment rappelé que la manière dont la justice recueille et traite cette parole doit être interrogée. Comme l’a souligné la CIIVISE, une très grande partie des procédures concernant des violences faites aux enfants se concluent aujourd’hui par un classement sans suite.
Combler les vides juridiques
Enfin, la FCPE Paris a alerté les parlementaires sur plusieurs failles du cadre réglementaire actuel.
Aujourd’hui, certaines collectivités peuvent organiser des activités périscolaires sans les déclarer comme accueils collectifs de mineurs, échappant ainsi à certaines obligations en matière de contrôle, de qualification des personnels ou de taux d’encadrement.
La fédération a demandé :
- l’instauration d’un protocole national de déclaration, de fonctionnement et de contrôle des activités périscolaires ;
- un cahier des charges obligatoire pour tous les opérateurs ;
- une clarification des règles d’information des familles lorsqu’un agent est suspendu pour des faits à caractère sexuel ;
- une meilleure coordination entre l’Éducation nationale, les collectivités et la justice.
La FCPE Paris a également renouvelé sa demande de création d’une chaîne nationale de signalement unique et traçable, ainsi que d’une véritable transparence statistique sur les violences commises dans les espaces scolaires et périscolaires.
Porter la voix des familles jusqu’au Parlement
Cette audition constitue une étape importante dans le travail engagé depuis plusieurs mois par la FCPE Paris pour faire reconnaître la nécessité d’un plan global de prévention et de lutte contre les violences faites aux enfants.
Les propositions portées devant les députés s’inscrivent dans la continuité des travaux de la commission « Agir contre les violences », des motions adoptées par le Congrès de la FCPE Paris, des vœux récemment adoptés au Conseil départemental de l’Éducation nationale et des nombreuses actions conduites auprès du rectorat, de la Ville de Paris et des autorités judiciaires.
La FCPE Paris poursuivra son engagement pour que chaque enfant puisse grandir, apprendre et s’épanouir dans des espaces scolaires et périscolaires réellement protecteurs, où sa parole est entendue, respectée et prise en compte.