Les Français et la scolarisation des élèves en situation de handicap
La FCPE s’est associée à des partenaires pour une campagne de rentrée école inclusive « ma place, c’est en classe » qui inclue un sondage avec Harris interactive.
Quel regard les Français portent-ils sur l’insertion des personnes en situation de handicap ? Quelle place doit selon eux être accordée aux élèves en situation de handicap au sein de l’école ? Pour la 4eme année consécutive les fédérations de parents d’élèves ont conduit une enquête* sur la perception du handicap et la place faites aux personnes en situation de handicap.
Des différences de perception selon le type de handicap
Si le handicap physique est assez bien compris — pour les difficultés qu’il engendre dans le quotidien autant d’un point de vue pratique que de celui de la considération sociale — les handicaps intellectuels et psychiques le sont moins.
Sur l’insertion, l’enquête révèle que moins de 50% des Français estiment que les adultes en situation de handicap sont bien insérés dans la société, un indice en recul cette année. La perception est bien différente pour les handicaps intellectuels ( seulement 30% des français considérent que ces personnes sont bien insérés).
Idem pour l’insertion des enfants en situation de handicap au sein du système scolaire : une majorité des français considère que les enfants sont mal insérés — seulement 45% des enfants en fauteuil roulant ou à mobilité réduite sont considérés comme étant bien insérés dans le système scolaire. Et si on considère les enfants avec déficiences intellectuelles, troubles psychiques ou d’autisme, seulement 25 % des français considèrent bonne l’insertion des enfants…
Même si depuis 2019, date de la première étude, la perception des francais progresse positivement sur la question de l’insertion, il reste encore beaucoup à faire tant pour les personnes en situation de handicap en général que pour les enfants au sein du système scolaire.
L’école doit s’adapter au handicap
Les Français sont favorables à l’école inclusive, mais de manière nuancée selon les handicaps : si 91% des français sont favorables à la scolarisation des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire quand il s’agit d’enfants en fauteuil roulant ou à mobilité réduite, ils ne sont plus que 75% à y être favorable pour les enfants autistes et moins de 70% quand s’agit d’enfants avec des déficiences intellectuelles ou des troubles psychiques.
Les Français confirment leur volonté quant à l’inclusion scolaire lorsqu’on leur demande s’il est préférable pour ces enfants d’être scolarisés dans des établissements ouverts à tous ou dans des établissements spécialisés et ils sont favorables à ce que l’école s’adapte au handicap pas l’inverse.
Cependant, la scolarisation avec d’autres enfants n’est pas synonyme d’effacement du handicap pour les Français, qui encouragent une adaptation de l’école au handicap, via des modalités d’examens adaptées (64%) et des adaptations des filières professionnelles pour que les élèves puissent choisir librement leur voie, indépendamment de leur handicap (57%).
Enfin, signe supplémentaire allant dans le sens d’une opinion favorable à une insertion plus importante, les Français voient également de manière positive le fait d’avoir été scolarisé dans la même classe qu’un élève en situation de handicap, notamment dans le développement des qualités humaines : développement de l’empathie, meilleure compréhension des autres, considération à l’égard des besoins des personnes en situation de handicap…
Une insertion qui reste à parfaire, des progrès identifiés, mais une situation qui pourrait s’améliorer
Les Français estiment que des progrès ont été faits depuis quelques années en matière de scolarisation des enfants en situation de handicap, mais ces avancées ne sont pas encore considérées comme suffisantes, les moyens alloués étant jugés à la hauteur par seulement 30 à 35% des Français.
Là encore, la divergence est visible entre handicap physique ou sensoriel et handicap intellectuel ou psychique, deux tiers des français estimant qu’il est plus difficile de scolariser les enfants touchés par un handicap intellectuel ou psychique que ceux touchés par un handicap physique ou sensoriel.
Une tendance à l’amélioration qui pourrait se poursuivre dans les années qui viennent : pour près de 50% d’entre eux, le prochain quinquennat d’Emmanuel Macron devrait permettre d’améliorer la situation des enfants en situation de handicap. Très peu d’entre eux pensent probable qu’elle puisse se dégrader.
On retrouve de nouveau une légère disparité entre les différentes situations de handicap. Si 51% anticipent que la qualité de la scolarisation des enfants en situation de handicap physique ou sensoriel aura progressé à la fin du quinquennat, ils ne sont que 44% à penser la même chose concernant les enfants atteints de troubles intellectuels ou psychiques.
La formation, solution privilégiée pour améliorer la scolarisation des élèves en situation de handicap au sein des établissements scolaires.
Les Français insistent en priorité sur la formation du personnel éducatif et l’amélioration des moyens humains par le recrutement ou la hausse des salaires. Enfin l’amélioration de l’accessibilité des bâtiments est une des trois priorités identifiées.
Pour aider plus spécifiquement les enseignants au sein des classes, la formation est à nouveau l’élément le plus mis en avant par les Français pour s’adapter aux enfants en situation de handicap, ensuite un meilleur accompagnement des enseignants, à la fois via une amélioration de la présence des AESH mais aussi par le soutien de professionnels spécialisés dans l’accompagnement du handicap.
Il reste beaucoup à faire pour une école vraiment inclusive, une société naturellement accueillante à la différence, celle des personnes en situation de handicap comme d’autres, mais nous sommes sur la bonne voie…
La page Facebook Ma place c’est en classe
* Une étude Harris interractive pour les fédérations de parents d’élèves ( ANPEA, APFFrancehandicap, GAPAS, FCPE, Fédération générale des PEP, FISAF, FNASEPH, Fédération PEEP, Trisomie21France,UNANIMES) réalisée en ligne du 28 juillet au 01 août 2022, sur un échantillon de 1217 personnes)