Prévenir et agir contre toutes les violences en milieu scolaire
Motion adoptée à l’unanimité
611 358 élèves ont été victimes de harcèlement scolaire en 2024. Majoritairement, les auteurs sont les élèves et les faits ont lieu entre pairs. Mais parfois, des violences sont commises par les adultes sur les élèves.
Si des mesures concrètes ont été mises en place pour venir en aide aux victimes : numéros d’aide pour les élèves victimes de harcèlement, cellule au rectorat, déploiement de Phare ; les remontées du terrain montrent la nécessité urgente d’agir davantage en impliquant l’ensemble de la communauté éducative.
Nombre de parents peuvent ainsi témoigner d’un adulte qui a eu un comportement ou des propos violents lors de la scolarité de leur enfant. Bien souvent, leur alerte a été ignorée alors que l’équipe reconnaissait officieusement un dysfonctionnement. Le sentiment est qu’il y a un déséquilibre entre ce qui est sanctionné pour l’élève et toléré pour l’adulte alors que certaines situations contreviennent à la loi. Cette différence de traitement n’est pas saine, c’est un poison latent pour le climat scolaire.
Il ne s’agit pas de stigmatiser le personnel qui fait face à de multiples difficultés. Mais il est nécessaire de lever ce tabou pour assurer la sécurité de tous. La confiance et le respect sont fondamentaux pour enrayer la violence. La transparence est une nécessité.
La FCPE demande :
- La création d’un protocole d’alerte clair en cas de violence psychique ou physique d’un adulte sur un ou plusieurs élèves, et que ce protocole soit transmis à la communauté éducative afin de sécuriser la parole des victimes.
- La mise en place d’un protocole d’action du rectorat en cas de violence psychique ou physique d’un adulte sur un ou plusieurs élèves, et, que dans les cas les plus graves, une mesure conservatoire soit prise. Ce protocole ne doit pas se limiter à la simple mutation de l’adulte vers un autre établissement.
- Une médecine du travail effective pour que l’adulte en difficulté soit pris en charge. Chaque année, les syndicats enseignants dénoncent le défaut de suivi obligatoire des personnels.
- Une remontée chiffrée et transparente de tous types de violence en incluant dans les questionnaires d’autoévaluation la possibilité de signaler l’attitude d’un adulte et pas uniquement d’un élève, tant sur l’année en cours que sur les années précédentes sachant que la conscientisation du statut de victime prend du temps.
- La prise en compte rapide par le rectorat des signalements effectués par les représentants des parents, et en retour, une information précise et régulière sur les actions menées.