Retour sur le 78e congrès départemental de la FCPE Paris
Retour sur le 78e congrès départemental de la FCPE Paris – Une journée d’engagement au service de l’École publique
Le samedi 14 juin 2025, la FCPE Paris tenait son 78e congrès départemental dans la salle Gérard Philippe de la cité scolaire Rodin (Paris 13e). Plus de 120 adhérent·e·s représentant 97 conseils locaux étaient réuni·e·s pour ce grand rendez-vous annuel, temps fort de la vie démocratique de notre fédération.
Une journée d’échanges, de débats et de décisions

Anne Gautier, pour le conseil local FCPE du lycée Rodin, et Pascal Odin, proviseur de la cité scolaire, ont conjointement souhaité la bienvenue aux participants, saluant l’engagement des parents d’élèves et rappelant l’importance du dialogue entre familles et équipes éducatives. Ils ont souligné la spécificité du lycée Rodin, établissement accueillant une grande diversité d’élèves dans un contexte de forte mixité sociale, et ont remercié la FCPE Paris d’avoir choisi de mettre en lumière cet établissement, situé au cœur d’un quartier populaire du 13ème arrondissement, marqué par un drame en décembre dernier.
Jérôme Coumet, maire du 13ème arrondissement, a souligné l’importance du lien entre les élus et les acteurs de terrain, et a salué l’implication constante des parents d’élèves de la FCPE dans le 13ème, notamment à travers le travail de l’union locale. Il a exprimé ses inquiétudes face aux fermetures de classes, aux suppressions de postes et à la remise en cause des moyens alloués aux directions d’école.
Paul Vannier, député, a salué l’engagement des parents d’élèves et rappelé, à partir de ses travaux parlementaires, l’urgence 78ème congrès départemental de la FCPE Paris – 14 juin 2025
de renforcer l’école publique et de reconnaître pleinement le rôle des parents. Il a insisté sur la question centrale des établissements privés, soulignant que le système éducatif est à un tournant, et appelant à des contrôles renforcés ainsi qu’à une révision de la loi Debré.
Thomas Baniol, représentant du SNES-FSU, a insisté sur la nécessaire solidarité entre personnels éducatifs et parents d’élèves face aux attaques contre le service public d’éducation.
Martin Raffet, président de la FCPE Paris, a ouvert officiellement le congrès en revenant sur une année d’engagement collectif lancée en septembre à l’école Glacière (13ème). Il a souligné la mobilisation des parents dans les établissements tout au long de l’année, les formations proposées aux parents d’élèves, ainsi que l’opération « J’aime mon école publique » du 14 février, qui a permis de porter un message positif et fédérateur en soutien à l’école publique. Il a dénoncé l’emprise croissante du privé à Paris, appelant à ce que l’argent public serve d’abord l’école publique, avec des contrôles renforcés sur le respect des programmes, de la laïcité et de la protection des enfants. Il a rappelé que Paris n’a pas besoin d’une offre privée concurrentielle : ses écoles, collèges ou lycées publics, ses enseignants, ses formations – notamment la voie professionnelle, que la FCPE Paris s’engage à défendre comme un enjeu fort pour les années à venir – sont une richesse collective à préserver.
La FCPE Paris, a-t-il conclu, continuera de porter une vision d’une école où l’on apprend ensemble pour mieux vivre ensemble.

TABLE RONDE – Quelle école publique pour demain ?
Dans un contexte de crise profonde pour l’école publique – perte de sens, baisse des moyens, réformes sans vision d’ensemble, montée du mal-être et des violences – la FCPE Paris a souhaité consacrer son congrès à une réflexion prospective : quelle école voulons-nous reconstruire collectivement pour les dix prochaines années ?
À Paris, la situation est particulièrement alarmante : les inégalités scolaires se creusent, la mixité recule, et l’enseignement privé progresse, financé par des fonds publics sans être soumis aux mêmes exigences que l’école publique. Face à cette réalité, la table ronde du congrès a réuni plusieurs intervenants pour penser ensemble une école plus juste, plus protectrice, plus ambitieuse. Les échanges ont été structurés autour de quatre grandes thématiques : Une école qui instruit, une école qui accueille, une école qui protège, une école qui s’ouvre.
Les interventions ont mis en lumière les tensions actuelles, mais aussi les leviers concrets pour redonner à l’école publique des moyens à la hauteur de ses missions : refuser le tri, garantir l’inclusion, protéger tous les élèves, renforcer la coéducation et le lien avec la société. Ce moment fort du congrès a permis de faire entendre des voix diverses, portées et engagées en faveur d’un service public d’éducation à la fois exigeant, accueillant et profondément émancipateur.
Paul Vannier, député et membre de la commission d’enquête sur les violences scolaires, est intervenu sur les inégalités croissantes entre public et privé. Il a présenté les constats de son rapport parlementaire sur l’enseignement privé sous contrat, soulignant l’opacité persistante et les effets délétères sur la mixité sociale. Il a également évoqué les premiers enseignements des travaux de la commission d’enquête sur les violences scolaires, pointant les défaillances systémiques dans la prévention et la réponse institutionnelle.
Mahi Traoré, proviseure du lycée Lucas-de-Nehou, a insisté sur la nécessité de revaloriser la voie professionnelle, qu’elle a qualifiée de “voie d’excellence trop souvent mal considérée”. Elle a plaidé pour une école qui fasse réussir tous les élèves, en soulignant l’importance du lien de confiance avec les parents d’élèves, au cœur de la coéducation.
Aude Lorriaux, journaliste à 20 Minutes, a apporté un éclairage fort sur les violences entre enfants en milieu scolaire, sujet central de son enquête “Tableau noir”. Elle a appelé à une plus grande transparence institutionnelle, à des protocoles clairs et partagés, et à l’écoute réelle de la parole des enfants.
Enfin, Patrick Bloche, premier adjoint à la Maire de Paris en charge des affaires scolaires, a partagé les préoccupations de la Ville face à la multiplication des fermetures de classes et à la remise en cause des décharges de direction. Il a exprimé l’attachement de la ville à une école publique ambitieuse, porteuse d’égalité et de solidarité.
La table ronde, animée par Djéhanne Gani, rédactrice en chef du Café pédagogique, a permis un échange vivant, mêlant constats de terrain, analyses politiques et pistes d’action. Elle a témoigné d’une volonté commune : défendre et reconstruire collectivement une école publique à la hauteur des enjeux de notre temps.
Des votes et des debats pour notre feuille de route 2025-2026
L’après-midi, l’Assemblée générale a permis de faire le bilan de l’année passée et de se projeter vers 2025-2026. Le rapport d’activité, le rapport financier et le budget prévisionnel ont été largement adoptés.
10 nouvelles administratrices et administrateurs ont été élu·e·s au conseil d’administration, et les 3 candidat·e·s à la commission de contrôle des comptes ont été reconduit·e·s.
14 motions ont également été adoptées, portant sur des sujets essentiels : rénovation des établissements, santé scolaire, inclusion, lutte contre les violences, réforme d’Affelnet, transparence dans l’enseignement privé, etc. Le livret des motions votées sera accessible depuis notre espace adhérent.
Un congrès mobilisateur
Le 78e congrès a confirmé la vitalité de notre fédération et la détermination de ses membres à faire entendre la voix des parents. Dans un contexte de pressions budgétaires et de remise en cause des principes fondamentaux de l’école publique, la FCPE Paris poursuit son engagement pour une école plus équitable, plus solidaire et plus inclusive.