Un champ des possibles réduit
Pour qui souhaite s’informer sur les grands principes de la réforme du lycée, il ne manque pas de supports de communication sur le site du Ministère de l’Education Nationale. Pour tous les publics – parents, enseignants, chefs d’établissements… – et sous toutes les formes – vidéos, infographies, diaporamas, plaquettes d’information…- Mais, dans cette communication institutionnelle, derrière le vernis des belles phrases, des jolies photos, des affirmations lapidaires et simplificatrices… que d’approximations et de non-dits !
Tour de passe passe des spécialités
Lors de sa conférence de presse le 29 août dernier, Jean-Michel Blanquer déclarait que sa réforme du lycée allait permettre de « personnaliser les parcours ». Grâce à la mise en place des 12 spécialités (arts ; biologie-écologie ; histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; humanités, littérature et philosophie ; langues, littératures et cultures étrangères ; littérature et langues et cultures de l’Antiquité ; mathématiques ; numérique et sciences informatiques ; physique-chimie ; Sciences de la vie et de la Terre ; sciences de l’ingénieur ; Sciences économiques et sociales) en lieu et place des filières (L, ES, S) d’aujourd’hui, chaque élève pourrait enfin construire son parcours « à la carte », en choisissant les options de spécialités qui lui conviennent le mieux.
Quelques semaines plus tard cependant, dans une note adressée aux recteurs, le masque tombe. Tous les lycées ne proposeront pas toutes les spécialités et aucun nombre n’est d’ailleurs fixé par établissement. Dans le document, il est indiqué que 7 spécialités sur 12 (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; humanités, littérature et philosophie ; langues, littératures et cultures étrangères ; mathématiques ; physique-chimie ; SVT ; SES) « doivent pouvoir être accessibles dans un périmètre raisonnable », autrement dit au sein d’un réseau d’établissements ou d’un bassin, et pas forcément d’un lycée.
Si un établissement ne propose pas l’option souhaitée, l’élève pourra aller la suivre dans un (voire deux) établissement-s voisin-s ou encore grâce à l’enseignement à distance.
Et si il s’agit d’une spécialité rare, comme Arts, littérature et littérature et langues et cultures de l’Antiquité, numérique et sciences informatiques, et sciences de l’ingénieur, il lui faudra sans doute aller vers un lycée qui se trouve un peu plus loin, dans un autre département…
Calendrier académique
La carte des formations est entre les mains des recteurs d’académie qui doivent « veiller à l’équilibre et à la bonne répartition des spécialités dans le cadre géographique adapté au territoire ». Actuellement, des consultations des chefs d’établissement et enseignants sont mises en place dans les académies qui dureront jusqu’à la fin de l’automne 2018. Au niveau national, c’est en janvier que nous connaîtrons les spécialités proposées par les lycées pour la rentrée
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