A Paris, Affelnet n’en finit pas d’agoniser
En matière d’affectations par le net (AFFELNET) en lycée, la politique des petits pas menée et pleinement assumée par l’Académie de Paris n’est pas à la hauteur des enjeux éducatifs du 21e siècle. La FCPE Paris le rappelle à chaque occasion depuis des années et encore récemment lors d’une audience spécifique avec le Recteur de l’Académie de Paris le 20 mai dernier. Malgré les efforts pour améliorer la procédure (et rattraper ses bugs), les résultats de l’édition 2019 d’Affelnet confirment un système agonisant que seule une volonté politique au plus haut niveau pourra débloquer.
A ce système profondément inégalitaire et ségrégationniste, s’ajoutait cette année de nouvelles réductions de moyens dans le second degré, sous prétexte de « priorité au primaire » comme s’il fallait constamment opposer l’un à l’autre. Avec au final une équation inacceptable imposée par le ministre Blanquer : manque de moyens = moins de classes = plus de difficultés à affecter les élèves = des classes encore plus surchargées !
Au premier tour, les élèves étaient 370 à ne pas avoir d’affectation alors qu’ils étaient environ 200 l’année dernière. Au second tour, il y en avait encore 120 ce qui est exceptionnel, avec la particularité qu’il n’y avait plus de places disponibles dans le district Ouest.
La FCPE Paris a accompagné une centaine de familles tout au long de ce processus du 28 juin, date de la publication des résultats du 1er tour Affelnet, jusqu’à ces derniers jours. Si l’accueil du public est fermé au Rectorat depuis le vendredi 12 juillet, un numéro spécifique est réservé aux nouveaux arrivants et à toutes les questions liées aux affectations : 01 44 62 43 99.
La FCPE Paris avait mis en place une permanence téléphonique, effective dès la publication des résultats le vendredi 28 juin puis un accueil dans ses locaux le lendemain.
Aux personnes déçues par leur affectation, elle indique qu’en premier lieu, il faut aller s’inscrire dans leur lycée d’affectation avec la possibilité de faire en même temps une demande de révision d’affectation. Elle conseille de demander au rectorat la fiche de relevé de points Affelnet qui permet de vérifier l’absence d’erreur et de mieux comprendre les mécanismes de l’affectation en disposant de son propre barème et de celui des lycées demandés sur la liste de vœux.
La question des élèves non affectés est plus délicate. La première démarche à effectuer, c’est également de se procurer la fiche de relevé de ses points Affelnet. En possession de cette fiche, la FCPE Paris interviendra auprès des services du rectorat afin qu’une affectation correspondant à leur barème leur soit proposée. Effectivement, l’exercice des familles est compliqué : comment choisir un lycée lorsque l’on ne connait pas l’élément prépondérant du barème de points, à savoir les évaluations des compétences du cycle 4, le ministère de l’Education nationale ayant interdit leur communication aux familles !
Certaines nouveautés n’ont pas été sans poser de problèmes. Si le très faible nombre de collèges dits « frontière » n’a pas perturbé les flux habituels collèges-lycées, il n’en est pas de même avec la base retenue cette année pour l’affectation des boursiers. Après ce qu’il est convenu d’appeler le « bug Turgot » en 2016, une iso-répartition par district avait été retenue pour 2017. Cette année, avec l’ouverture sur les autres districts des 14 collèges frontières (sur 115 collèges à Paris), l’académie a instauré une iso-répartition parisienne. Mais, ainsi que la FCPE Paris l’avait diagnostiqué haut et fort, les ouvertures d’un district à l’autre étaient trop réduites pour permettre cette répartition académique. Résultat : on constate que dans des lycées où il y avait peu de boursiers, ça s’améliore : plus de 11% à Jean-Baptiste Say et 6.5% à Duruy, mais ils se retrouvent limités à 23% à Charlemagne, 22% à Sophie Germain et 24% à Hélène Boucher alors qu’ils approchaient une fourchette de 45 à 55% avant le bug Turgot. En conséquence, ils seront 43 % à Paul Valéry et 45% à Bergson (contre 15% environ). Ainsi, Affelnet oppose mixité sociale et mixité scolaire, car avec ce système basé sur les résultats scolaires, ce seront les plus faibles qui sont affectés dans les établissements les plus fragiles, ce qui aggravera leur situation. Ce qui n’est pas acceptable.
Encore une fois, le FCPE Paris appelle à une transformation radicale de ce système et à la transparence intégrale des critères AVANT le choix des familles et AVANT la procédure d’affectation.
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