Violences sexuelles dans les écoles parisiennes
La FCPE Paris exige la mobilisation générale de tous les responsables publics !
Depuis plusieurs mois, des situations graves impliquant des personnels intervenant auprès des enfants dans les écoles parisiennes ont été signalées. Des signalements et plaintes visant des comportements à caractère sexuel ont ainsi été enregistrés dans le cadre des activités scolaires et périscolaires parisiennes.
Ces situations constituent un traumatisme absolu pour les enfants concernés et leurs camarades, un choc pour leur famille et une blessure profonde pour l’ensemble de la communauté éducative parisienne.
Nos écoles, lieux censés être des sanctuaires protecteurs, ne sont plus perçues comme tels par de nombreux parents. Ce sentiment d’inquiétude, nous le mesurons chaque jour dans les remontées de terrain que les familles représentées par la FCPE Paris adressent à leurs conseils locaux.
Des parents engagés, bénévoles se retrouvent malgré eux en première ligne face à la détresse et à l’angoisse de familles confrontées à l’impensable. Beaucoup se sentent démunis. Ils ne devraient jamais l’être.
Briser le silence, coordonner l’action, protéger les enfants
La commission d’enquête parlementaire « Briser l’omerta, protéger les enfants » (rapport n°164, juillet 2025) a documenté la nécessité d’une mobilisation totale, sans déni ni défausse, de l’ensemble des institutions.
La FCPE Paris y souscrit pleinement et y prendra toute sa part.
Mobilisée depuis de nombreuses années, notre fédération parisienne n’a cessé de remonter les situations, d’alerter les autorités, d’informer les familles et d’accompagner les parents confrontés à tous types de violences qu’elles soient sexuelles, physiques, psychologiques ou institutionnelles.
Cette mobilisation s’est encore renforcée lors de notre dernier congrès de juin 2025, où deux motions portant sur ce sujet ont été adoptées : « Pour une école qui protège les enfants contre les violences sexuelles » et « Prévenir et agir contre toutes les violences en milieu scolaire » réaffirmant nos exigences, notre vigilance constante et notre détermination à faire de la protection des enfants une priorité absolue de l’action publique.
En novembre 2025 avec la création d’une commission dédiée à la lutte contre les violences en milieu scolaire, la FCPE Paris crée un espace ouvert aux familles et à nos représentants, afin de recueillir les alertes, d’orienter les parents, et d’initier un état des lieux des violences en milieu scolaire.
Nous consulterons prochainement nos adhérents sur l’évolution de nos statuts afin de permettre, le cas échéant, la constitution de partie civile par notre fédération dans des procédures judiciaires impliquant des enfants parisiens.
Les violences sexuelles à l’école doivent être combattues avec le même courage, la même détermination et les mêmes exigences, quel que soit le temps, scolaire ou périscolaire, sur lequel elles surviennent.
Refuser les instrumentalisations politiques, exiger une coopération de tous les responsables publics
Dans le contexte électoral actuel, nous refusons toute exploitation politicienne de ces drames. Il est irresponsable d’opposer école publique et école privée, comme il serait irresponsable de désigner tour à tour la Ville ou l’État comme uniques responsables selon que les faits surviennent sur le temps périscolaire ou sur le temps scolaire stricto-sensu.
Les violences sexuelles ne connaissent ni statut d’établissement, ni type de contrat, ni couleur politique.
Les enfants doivent être protégés partout, tout le temps, et par tous.
Nous dénonçons ainsi fermement les déclarations affirmant que « les enfants des écoles publiques seraient moins protégés », comme si ce type de violences sexuelles ne touchait à Paris que les écoles publiques et jamais celles privées qu’elles soient sous contrat ou hors contrat. Les actualités récentes nous ont hélas montré : aucun type d’établissements n’est à l’abri.
Ce que les familles attendent, ce ne sont pas des slogans : ce sont des engagements précis, des protocoles lisibles, des actions concrètes.
La FCPE de Paris ne met pas en doute la détermination de la maire de Paris ni celle de la Rectrice de l’ Académie de Paris. Cette dernière nous a d’ailleurs récemment réaffirmé, de manière très explicite et volontariste, sa volonté d’agir pour protéger les élèves parisiens contre toutes les formes de violence, quels que soient les établissements concernés.
La présentation, le 14 novembre 2025, du plan d’action de la Ville de Paris contre les violences sexuelles faites aux enfants, certes tardive, constitue une première réponse aux interrogations des familles et témoigne d’une nécessaire prise de conscience. Seul l’avenir pourra dire s’il est à la hauteur des enjeux.
Pour autant, le rôle de la FCPE Paris est d’appeler l’ensemble des pouvoirs publics à assumer pleinement leurs responsabilités. Aucune autorité publique ne peut s’y soustraire : la protection des enfants exige un engagement total, sans ambiguïté, sans arrière-pensée et sans délai.
Ce que la FCPE Paris demande à l’État
Parce que l’État est le garant premier de la sécurité des élèves, la FCPE Paris lui demande de mettre en œuvre, sans tarder, l’ensemble des cinquante recommandations de la commission d’enquête parlementaire. Ces mesures ne peuvent être renvoyées aux calendes budgétaires : la protection des enfants ne saurait être une variable d’ajustement du budget de la France.
Nous attendons également que l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, l’ÉVARS, soit véritablement déployée intégralement dans toutes les écoles parisiennes, qu’elles soient publiques ou privées, conformément à la loi.
Nous demandons aussi une politique de suspension des personnels incriminés réellement protectrice, durable et rigoureuse dès lors que des indices graves et concordants existent. Aucun adulte suspecté ne doit pouvoir revenir devant des enfants au simple terme d’un délai administratif.
Enfin, nous appelons à l’élaboration de protocoles de signalement et d’information clairs, harmonisés et systématiquement portés à la connaissance des parents.
Ce que la FCPE Paris demande à la Ville de Paris
La FCPE Paris appelle la Ville de Paris à renforcer et rendre obligatoire la formation de tous les personnels d’animation et de direction au repérage et à la gestion des signaux d’alerte. La Ville doit également présenter aux fédérations de parents des protocoles lisibles, stabilisés et opérationnels pour le traitement des signalements dans le périscolaire.
Nous demandons la mise en place d’une prise en charge psychologique immédiate, coordonnée et accessible, tant pour les enfants victimes que pour leurs parents, mais aussi pour les familles indirectement exposées.
Et nous insistons sur la nécessité d’une communication transparente, factuelle et utile : informer sans inquiéter inutilement, rassurer sans minimiser.
Ce que la FCPE Paris demande au parquet et à la Brigade de protection des mineurs
Enfin, nous demandons au parquet de Paris et à la Brigade de protection des mineurs qu’un cadre sécurisé et intelligible d’information régulière soit instauré à destination des familles concernées, directement ou par l’intermédiaire de leurs représentants. Cette information doit respecter scrupuleusement la confidentialité des procédures et garantir la bonne conduite des enquêtes, tout en évitant que les familles se retrouvent dans un silence insupportable ou anxiogène.
Ces demandes ne sont pas des utopies : elles s’appuient sur les recommandations consensuelles et documentées des experts, des travailleurs sociaux, des professionnels de santé et des associations engagées depuis des années contre les violences sexuelles.
L’école doit redevenir un refuge. Pas un risque.
La FCPE Paris appelle solennellement l’ensemble des responsables publics, État, Ville, Rectorat, justice, mais également enseignants, personnels, parents à agir ensemble, maintenant, pour que plus aucun « après » ne devienne un « trop tard ».